‹ Le Petit-Trianon (volume 2)Chapitre 261 sur 362 · Il · texte numérisé non relu

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derémigration, et, derrière lui, les Polignac fuyant devant l'éclat de la haine publique. L'abbé de Yermond s'était sauvé ensuite. Les autres ne tardèrent pas à l'imiter ou se cachèrent, à l'exception du baron de Besenval*.

La reine, aussitôt qu'elle eut pris connaissance du billet qui lui était envoyé, partit pour Versailles. Le lendemain, elle était traînée à Paris avec le roi. Nous n'avons pas à raconter cette lugubre odyssée, ni les événements qui suivirent. Marie- Antoinette avait quitté Trianon pour n'y plus revenir.

\, 11 mourut en 1791.

Dépenses du Petit-Trianon. — Pamphlets de la femme Lamotte. Calomnies de la cour contre Marie-Antoinette.

A partir du 5 octobre 1789, le Petit-Trianon ii*est plus nommé par les écrivains qui nous ont laissé des mémoires sur Marie- Antoinette. La veille du 6 octobre 1793, alors qu'elle comparaissait devant le tribunal révolutionnaire, unequeslion du président fit revivre tout à coup dans l'esprit de la malheureuse reine l'image de ce domaine enchanté, où s'étaient écoulés ses plus heureux jours. De quelle émotion poignante ce souvenir, évoqué dans un pareil lieu, devant de tels juges, et avec la perspective du supplice qui l'attendait, ne dut-il pas saisir son cœur meurtri?

Le Président à raccusée : « N'avez-vous pas abusé de l'inû fluence que vous aviez sur votre époux pour en tirer des bons c( sur le trésor public? » — L'accusée : « Jamais.

« Où avez-vous donc pris largent avec lequel vous avez fait a construire et meubler le Petit-Trianon , dans lequel vous donniez « des fêtes, dont vous étiez toujours la déesse? — C'était un fonds a que l'on avait destiné à cet effet.

« Il fallait que ce fonds fut conséquent, car le Petit-Trianon « doit avoir coûté des sommes énormes? — Il est possible que le « Petit-Trianon ait coûté des sommes immenses, peut-être plus a que je ne Taurais désiré; on avait été entraîné dans les dépenses

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« peu à peu; du reste, je désire plus que personne que Ton soit a instruit de ce qui s'y est passé*. »

On en a lu, dans les pages qui précèdent, le fidèle récit. Quant aux dépenses, la reine n'avait rien dissimulé dans sa réponse. Au conimencemenl, nous l'avons vu, un crédit avait été ouvert au service des bâtiments pour l'exécution du premier plan proposé par rarchitccte Mique; mais ce crédit, insuffisant d'ailleurs, se trouva bientôt épuisé. Et puis, c'était bien vrai, on s'était laissé entraîner; chaque année^ une fantaisie nouvelle était venue s'ajouter aux autres, et, comme il fallait l'exécuter sans retard, car alors la jeune reine n'aimait pas attendre, on n'avait pas eu le temps d'établir des prévisions régulières, et on s'était vu obligé de grappiller sur tous les chapitres du budget : fonds des dépenses de la reine , fonds des bâtiments, fonds des menusplaisirs, fonds du garde-meuble, sans compter ce que le roi avait soldé sur sa cassette"; et, malgré tout cela, on n'avait pu suffire à payer les entrepreneurs, qui, lassés de réclamer vainement, en étaient venus h envoyer l'huissier à l'architecte*. Voilà ce qui avait tant fait crier contre les dépenses du Petil-Trianon.

Si le procès de la reine n'avait pas été bâclé en quelques heures, et qu'on eût laissé à Fouquier-Tinville le temps d'instruire l'accusation*, on aurait trouvé, dans les dossiers de la liste civile, le compte de la liquidation des dépenses du Petit-Trianon, qui fut arrêté le 31 août 1791*. Il s'élève à la somme de l,649,r)29 livres, 12 sous, 3 deniers. On avait payé 1,170,730 livres. Il restait dû 478,799 livres, 13 sous, 2 deniers. Dans cette

\ . Km. CampArdon.Marie'AntoineUe à la Conciergerie; Paris, I8<i3,in-I8,317.

2. On trouve au LfVre rouge Tindicatioii d'une somme de 21,581 livres^ 3 sous, payée à Moreau pour fourniture d'arbres. — Bibl. nat., ns. fr. 6808. — Arch. nat. OM874-86, 3044-87, 3131-33, 3476, 3183-89, 3491.

3. Arch. nat. OM880. — Fayol^ chef d*alelier mineur, qui avait, en ^86, exécuté pour 51,135 livres, i4 sous, 10 deniers de travaux, fit à Henry, inspecteur sous les ordres de Mique, une citation au bureau de paix, pour être payé, en 1791.

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