Le père Rapin. Hortorum libri IV; Amsterdam, 1782, in
rouges, jaunes, noirs, vases de faïence, oiseaux dorés, statues d'hommes et d'animaux en coquillage, jets d'eau de verre dans des bassins d'écaillc, et, parmi, quelques carrés de tulipes ou de jacinthes*. Sans aller si loin en France, il y avait souvent dans les bosquets plus de treillages que d'arbres, et la perspective d'un paysage peint sur une muraille au bout d'une allée de charmille passait pour une invention merveilleuse*. « Je suis persuadé, » écrivait Jean- Jacques-Rousseau, en 1764, « que le temps approche où l'on ne voudra plus dans les jardins rien de ce qui se trouve dans la campagne : on n'y souffrira plus ni plantes, ni arbrisseaux ; on n'y mettra que des fleurs de porcelaine, des magots, du sable de toutes couleurs et de beaux vases pleins de rien'. »
Remarquez que la lettre de la Nouvelle Héloïse^ d'où est extrait ce passage, est adressée à milord Edouard qui joue dans le roman le rôle d'homme supérieur. A ce moment, il n'est pas, à Paris, de société qui n'ait son observateur anglais, jugeant de haut tout ce qu'il voit et en imposant par son flegme à la légèreté française. Le plus célèbre, Horace Walpole, du cercle de madame Du Doffand, critique, entre autres choses, le jardin français, et sa monotone symétrie, et son enceinte murée, dérobant au promeneur l'aspect de la campagne*. Il lui oppose le parc anglais qui, depuis quelques années, s'était dégagé des entraves de la règle et du compas pour prendre des allures moins uniformes. Les Anglais, dont les habitations seigneuriales étaient entourées de terrains immenses, n'avaient pu comprendre dans une clôture la campagne tout entière, et, après avoir régularisé ce qui se trouvait à proximité du château, ils avaient dû laisser le
\, Jardins de M. Beck près de Rotterdam, el de Pinto. Coup d'œil sur Belœil, par le prince de Ligne ; 1781 , in-8°.
2. Collection Lerouge. Cah. I, pi. 6, jardin de M. de La Bossiëre, rue de Clichy ; cah. XII, page i et pL i.