‹ Le Petit-Trianon (volume 2)Chapitre 45 sur 362 · Le AntichUàdi Ercolano; Napoli, 1757-92, 9 v. gr. in-f · texte numérisé non relu

Le AntichUàdi Ercolano; Napoli, 1757-92, 9 v. gr. in-f

STTLB LODIS XVI BT JARDINS ANGLO-GHIKOIB. 43

naliié : la France se couvrira de pastiches. En transportant dans notre pays, sans les modifier par un travail d'assimilation, les formes créées par des peuples qui vivaient dans d'autres temps et sous d'autres climats, avec des lois, des usages, des besoins différents, on rompra cette harmonie que nous signalions tout à l'heure, à tous les degrés de l'échelle, dans le domaine de l'art et de l'industrie. Nous avons vu, à Trianon, naître le style nouveau et briller d'un vif éclat; nous ne tarderons pas à y constater les premiers symptômes de sa décadence.

Cependant, en faisant revivre les traditions artistiques de l'antiquité, la mode se sépara d'elle sur un point où jusque-là elle lui était demeurée fidèlement attachée. Si, dans les peintures d'IIerculanum*, on examine les jardins qui entourent les édifices, on remarque, que, conformément à la description de Pline le jeune, ils sont ornés de berceaux, de statues, de jets d'eau, d'arbres taillés, absolument semblables à ceux qui décoraient les alentours des résidences royales et seigneuriales, au temps de Louis XIV. La France avait pris cet art à l'Italie qui le tenait de l'ancienne Rome. Il s'agissait avant tout, dans ce système, de dompter la nature : le constructeur trouvait, dans les bosquets et les parterres, un prétexte à des dessins d'architecture; le jardinier traitait les arbres comme le coiffeur accommode la barbe et les cheveux; et l'eau n'existait que pour mettre en valeur les talents du fontainier, qui la faisait tomber en nappe sur des buffets de marbre, en dais sur la tête des statues, en gouttes des cheveux tordus d'une Vénus dans sa coquille', ou jaillir en coup de feu du canon d'un fusil braqué sur le spectateur'. Les Hollandais imaginèrent même une sorte de jardin qu'on pourrait appeler minéralogique, où il n'entrait pas un atome de feuillage : ce n'étaient que pans de murs garnis de rocailles, parterres de cailloux blancs.

2. Voy. à la bibliothèque nationale, au cabinet des estampes, un très curieux recueil factice in-folio, coté H d 84.

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