‹ Le Petit-Trianon (volume 2)Chapitre 52 sur 362 · Nouvelle Héhise, IV* partie, lettre XL · texte numérisé non relu

Nouvelle Héhise, IV* partie, lettre XL

4. A. de Musset. Poésies nouvelles^ Sur t]:oi8 marches de marbre rose.

M LB JARDIN ANOLAIS.

palais solennel. La cour d'Autriche ne l'avait pas habituée à cette représentation de tous les instants. Elle voulait un coin à elle, où elle pût s'affranchir de cette contrainte et vivre de temps en temps à sa guise. « Depuis longtemps », écrit à la date du 7 juin 1774 le comte de Mercy-Argenteau', ambassadeur d'Autriche en France, à l'impératrice Marie-Thérèse, « et lorsque madame l'Archiduchesse était encore dauphine, elle désirait beaucoup d'avoir une maison de campagne à elle en propre, et elle s'était formé plusieurs petits projets à cet égard. A la mort du Roi, le comte et la comtesse de Noailles suggérèrent le Petit- Trianon. . . Au premier mot que S. M. prononça au Roi (Louis XVI) du Petit-Trianon , il répondit avec un vrai empressement que cette maison de plaisance était à la Reine, et qu'il était charmé de lui en faire don. Cette maison, » ajoute l'ambassadeur, a est à un quart de lieue du château de Versailles; elle est très agréablement bâtie, fort ornée, avec de jolis jardins, et un jardin séparément destiné à la culture des plantes et des arbustes étrangers. » C'est ainsi que la résidence favorite de Louis XV devint la propriété de Marie- Antoinette.

Les gazetiers portèrent aussitôt le fait à la connaissance du public. D'après la version recueillie par l'abbé Beaudeau* : « Vous aimez les fleurs, » aurait dit Louis XVI à la jeune reine, « eh bien ! j'ai un bouquet à vous donner : c'est le Pelit-l'rianon. » Les Mémoires secrets' rapportent un propos plus galant : « Madame, ces beaux lieux ont toujours été le séjour des favorites des rois ; conséquemment, ils doivent être le vôtre. » Quand on a vu, dans la correspondance de Mercy, la profonde horreur que le dauphin et la dauphine avaient de madame Du Barry, on sait ce qu'il faut penser d'une pareille fadeur, improvisée après coup, comme la plupart d'ailleurs des mots soi-disant historiques.

« La Reine », ajoutent les Mémoires secrets, « a été très sen-

2. Journal publié dans la Rpvue rétrospcrlive, 1» séiie, v. III.

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