‹ Le Petit-Trianon (volume 2)Chapitre 57 sur 362 · LB JARDIN DB LA RBINB · texte numérisé non relu

LB JARDIN DB LA RBINB

plëiement passive à côté de ses sœurs '. » Madame Adélaïde détestait le duc de Choiseul et Tailiance autrichienne. Elle eut d'abord sur Tesprit de Louis XVI une très grande influence, et, dès les premiers jours du nouveau règne, elle prit une attitude hostile à Marie-Antoinette. Elle alla même si loin que le roi dut la confiner avec ses sœurs à Bellevue*, d'où nous ne les verrons que rarement sortir pour assister à Trianon à quelque fête ou dîner d'apparat.

Mais ce n'était pas seulement pour les serres chaudes, les parterres botaniques et les bosquets rococos qui avaient fait les délices de LouisXV, que Marie-Antoinette désirait le Petit-Trianon. Elle voulait y créer un jardin à la mode, un jardin anglo-chinois*. « LaReine, » écrit Mercy , le 2 juillet*, «est maintenant tout occupée d'un jardin à l'anglaise qu'elle veut faire établir à Trianon. » Et il ajoute quelques jours après* : « Le Roi a donné des ordres pour que l'augmentation d'un terrain à entourer de murs, ainsi que tout ce que peut désirer la reine relativement à cet établissement, soit exécuté avec la diligence et le soin possibles. » Le 26 juillet, l'architecte Gabriel dressa un plan pour l'agrandissement du jardin, vers le nord-est du jardin botanique, dont la suppression fut décidée*.

Que faudra-t-il penser, après cela, d*un autographe communiqué à MM. de Goncourt' par M. Boutron, qui nous montre Marie- Antoinette s'intéressant aux sciences botaniques et mandant, à Trianon, Bernard de Jussieu : «... Une collation d'en-cas sera prête pour M. de Jussieu qui arrosera devant moi le cèdre

i. Elle mourut le 2 mars 4782.

2. Ed. de Barthélémy. Mesdames de France j filles de Louis XV; Paris, i870, in- 18, 242-245 et c. XI. Voir aussi Mercy, madame Campan et le comte d^Hézecques.

o. 31 juillet, I, 208.

7. Histoire de Marie- Antoinette, 1" édition ; Paris, 1867, in-8°, 82.

di LB JARDIN ANQLAIS.

du Libcui... » Quoi! voilà un naturaliste célèbre, un vieilla nérable et presque aveugle qu'on aurait fait venir exprès d( pour donner un seau d'eau à un arbre ! Quelle plaisanter vérité est que Marie-Antoinette, loin d'apprécier Tœuvre d nard de Jussieu, Ta, comme dit Mercy, u culbutée » p remplacer par des colifichets.

Hâtons-nous d'ajouter que ces admirables collections ne pas perdues. Richard en conserva ce qu'il put, et le reste, à-dire la plus grande partie des végétaux, fut transpo Jardin des Plantes à Paris*. Ils y arrivèrent en temps opp Sur le rapport de Buffon, on avait, dans ce jardin, entre replantation des plates-bandes qui, jusque-là, ne conte guère que des plantes médicinales, afin d'y réunir, ( Louis XV avait fait à Trianon, des spécimens de toute la \ tion du globe, rangés dans un ordre scientifique. Depuis les idées de Bernard de Jussieu s'étaient mûries, et il avail son esprit, donné une forme définitive à ses premiers css classification. La méthode natwelle fut appliquée au in Jardin des Plantes de Paris, et la collection botanique de T y trouva sa véritable place*.

{, Mémoires secretSy 23 juillet 1774, OM877, Mémoire d'Antoine Ri 2. Histoire de racadémie des sciences; Paris, 1778, in-4*. Commui faite à Tacadémie sur le nouvel ordre de plantes établi dans l'école tanique du Jardin du Roi en 1774. « M. de La Vnllière, instruit pa: Buflbn de Télat de ce jardin, a bien voulu mettre, Tannée dernière, i yeux du Roi, un projet qui tendait à rembellissement du lieu et à publique. Sa Majesté (Louis XV), de tous temps favorable aux bolani autorisé. On a doublé le local et tracé de nouvelles plates-bandes. >> ^ rouge, cah. VII, pi. H-I4.

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