‹ Le Petit-Trianon (volume 2)Chapitre 72 sur 362 · LE JBU DE BAGUE · texte numérisé non relu

LE JBU DE BAGUE

mentaires, se présentant au moment « où les spéculations de * Tannée étaient arrêtées, même avec rincerlitude de pouvoir les remplir toutes également », rompaient l'équilibre du budget des bâtiments : on n'en aura cure ; la reine ne supportait ni observation ni retard. Le directeur reconnaîtra qu'il n'y a qu'à obéir et sans délai. « Vous connaissez notre maîtresse, » disait un autre fonctionnaire de la couronne*, « elle aime àjouirpromptement.» Aussi fera-t-il suivre d'un correctif les plaintes qu'il n'exhalera plus que timidement et tout bas : « Je vous répète cependant que mon premier vœu est que la Reine soit satisfaite, dussé-je essayer de remettre quelques autres parties* »; et ailleurs : « Il s'agit de satisfaire la Reine : ce mot exprime tout pour vous comme pour moi. » Mais l'argent se trouvera moins facilement que les protestations de zèle; les entrepreneurs qui ne seront payés que très irrégulièrement (on leur devait encore, le 31 août 1791, près de 500,000 livres') murmureront; et il courra bientôt, sur les dépenses de Trianon, des bruits qui, d'écho en écho, iront retentir jusqu'au tribunal révolutionnaire. Mercy signale un premier mouvement de l'opinion, dès le 17 septembre 1776*. « Le public, » écrit-il à Marie-Thérèse, « a vu d'abord avec plaisir que le Roi donnait Trianon à la Reine. Il commence à être inquiet et alarmé des dépenses que S. M. y fait. Sur son ordre on a culbuté les jardins pour y faire un jardin anglais qui coûtera au moins 150,000 livres. » S'il avait dit 150,000 livres par an, l'excellent ambassadeur eût été moins loin de compte. Mais ce qui surtout nuira aux finances, ce sera le désordre résultant de l'impossibilité de maintenir dans des limites réglées les budgets des divers services royaux, dont les prévisions seront sans cesse modifiées par le caprice d'une jeune reine qui n'avait alors, nous dit Mercy lui-même, qu'une pensée : le plaisir.

\. M. de Fontanien, intendant et contrôleur général du garde-meuble du roi. Lettre du iO juillet 1780 à Mique. 04879.

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