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3. Voy. dans madame Campan, I, 260, des détails sur la facilité avec laquelle la reine parlait en public.
4. Les Mémoires secrets ajoutent : « Les femmes de la Reine sont enchantées de ce goût de leur maltresse, parce que cela entraîne une dépense d'habillements et autres suites qui leur donnent des revenant-bon considérables. •
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trange ni de dangereux à ce que la reine se donne en spectacle devant eux. II v aurait lieu de s'en étonner si Ton ne savait qu'alors, aux yeux de ses pareils, ces espèces^ comme on disait, n'existaient pas. Qu'importaient leur impression et leur jugement? On ne peut douter cependant que la plupart des bruits qui circulèrent dans le peuple n'aient pris naissance dans leurs commérages. Bon nombre de pamphlétaires n'ont certainement pas puisé à une autre source*.
La troupe de Trianon, d'après madame Campan, « était bonne pour une troupe de société, et l'on applaudissait à outrance; cependant, en sortant, on critiquait tout haut, et quelques jeunes gens dirent que « c'était royalement mal joué. » Sans parler de madame de Pompadour et de ses succès d'actrice dont le souvenir prêtait à des rapprochements peu flatteurs*, il existait alors à Paris deux réunions d'amateurs dont le public était sans cesse occupé et avec lesquelles la reine de France avait tout à perdre à entrer en rivalité. Le coryphée de la première, la comtesse de Montesson, épouse morganatique du duc d'Orléans, jouait avec un talent consommé les rôles les plus difficiles du répertoire français*. Sa supériorité était écrasante pour Marie- Antoinette. Mais la comparaison devenait autrement blessante et dangereuse à la fois avec la danseuse Guimard qui, elle aussi, avait, dans son hôtel h la Ghaussée-d'Antin , une délicieuse salle ^ tendue de taffetas rose galonné d'argent, décorée par Fragonard, éclairée avec des bougies parfumées, où des gentilshommes hautement
1. Notamment Fauteur des Essais historiques sur la vie de Marie- AntoûieUe (Londres, 1789, in-8**), qui a dû tenir les renseignements circonstanciés qu'il travestit et mêle aux plus grossières erreurs, des indiscrétions d'une domesticité malveillante et calomniatrice. Voy. M"^* Gampan, I, 95.
2. Julien. La comédie à la Cour : Madame de Pompadour et le théâtre des petits cabinets.
3. Voy. Lescure, I, 369, Grimm, XI et XII. Diaprés le duc de Lévis, ses compositions dramatiques ne valaient pas son jeu.
4. A côté était un jardin d'hiver. Mademoiselle Guimard avait un second théâtre dans sa maison de campagne, à Pantin. Mémoires secretSf passim.
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titrés, en collaboration avec les sujets de la comédie française, du théâtre italien et de Topera, représentaient les scènes les plus licencieuses devant un parterre de grands seigneurs, de princes du sang et de filles entretenues. Onne joua jamais rien de répréhensible à Trianon, nous le constaterons*, mais c'était déjà trop que de donner occasion à de semblables parallèles. L'impression du public fut désastreuse. Il essaya de se consoler en supposant que, du moins, le roi n'approuvait pas ces amusements de la reine et y mettrait bon ordre. « On assure, » disent les Mémoires secrets, le 20 septembre, « que le Roi, très complaisant, mais peu content de ce genre d'occupation de son auguste compagne, se trouvant à un de ces spectacles, a sifflé la Reine ; sans doute la chose s'est tournée en plaisanterie. Cela n'a pas empêché Sa Majesté de continuer. » La Correspondance secrète recueille le même bruit à la même date* : « Le Roi assiste par complaisance à ces jeux, mais ils ne sont pas analogues avec son humeur sérieuse et sévère; aussi siffle-t-il habituellement les acteurs. » L'anecdote n'est pas exacte, et les Mémoires secrets, mieux informés, se corrigent, le 20 octobre, en reconnaissant que « les talents de la Reine sont jusqu'à présent très appréciés par son auguste époux; » mais elle témoigne du tort que ce rôle d'actrice faisait dans l'opinion à Marie-Antoinette.
Par une singulière contradiction, la reine, qui ne craignait pas de monter sur les planches, interdisait, au même moment, à l'un de ses pages de faire représenter une comédie qu'il avait composée, « parce qu'il ne convenait pas qu'un gentilhomme se donnât en spectacle*. » Elle devait, à quelques années de là, être cruellement punie de son inconséquence.
1. On ne fut pas si réservé chez madame de Polignac qui, après le voyage de Trianon, « donna pour speclacle à sa souveraine un proverbe si... gaillard qu*aucune femme n'osU y prendre un rôle. » Lettres de M. de Kageneck; Paris, 1884, in-8S 217. Ce renseignement est extrait des Mémoires secrets où Fauteur prend des pages entières. 11 copie de même la Correspondance de Métra.