Le goût des pigeons et des poules
LA NOUVELLE MENAOBRTB.
pendant l'été'. Elle servait de salle à manger'. « Elle avait pour accompagnement deux galeries de treillage; et ces portiques qui entouraient une sorte de parterre de cinquante mètres de large sur vingt seulement de long, développant trentesix arcades, logeaient autant de caisses d'orangers; les pilastres do treillage renfermaient les tiges de quarante tilleuls, taillés en boule'. »Les tilleuls sont encore en plaee^ mais le salon frais et les portiques ont disparu.
Le pavillon, accosté de quatre cabinets, qui contenait le salon de jeu et de conversation, existe encore. Il est, comme le salon frais, couvert d'un toit en terrasse. Sur la balustrade, des groupes d'enfants alternent avec des vases. On y entre par quatre portes cintrées, garnies de vitres. Chacun des quatre cabinets* qui l'accompagnent est éclairé par trois grandes fenêtres à linteau rectiligne. (Voyez :p/. XX, le plan, et pi. II, la vue de cet édifice'.) A l'intérieur, dans le salon central, huit colonnes corinthiennes, placées dans les angles de l'octogone, portent des consoles à tète de femme qui soutiennent un plafond en coupole. Sur la frise courent des cygnes, des canards, des pigeons, des coqs et des poules. Au-dessus des portes, des amours tiennent des corbeilles ou des cages. L'ornementation, on le voit, s'inspirait de l'engouement du roi et de la marquise de Pompadour pour les oiseaux domestiques. Sur la coupole est peint un aigle, roi de la
i. Elle manque dans notre dessin. La sculpture était de Verberck, la menuiserie de Guesnon. OM 151-52, 1885-86.
2. D'Argenville. Voyage pittoresque des environs de Paris; Paris, 1755, 2 v. in-12, n.
3. A. Ducliesne. Le Cicérone de Versailles; Versailles, 1805, in-18, 95. Le salon frais n*existait plus au moment où Duchesne écrivait. Il était déjà en ruine sous la Révolution. Archiv. dép. de Seine-et-Oise, série Q, procès-verbal d*estimation du 12 messidor an IV.
4. L'un de ces cabinets servait de cuisine, le second de réchauffbir, e troisième de garde-robe, et l'autre était un boudoir. Ce dernier esl à gauche, en face du château. Le plafond et les lambris de celle petite pièce sont ornés de charmantes arabesques.