Mém. sec. y 19 septembre
o. Mém, sec, 23 octobre 1782.
mois. S. M. resta chez elle jusque bien avant dans la nuit pour attendre que la jeune femme fut absolument délivrée, et, depuis ce temps, il n'est pas de jour que la Reine ne se donne la peine de venir voir Taccouchée. » Marie- Antoinette avait eu, en 1780, rintention de lui donner la survivance de la charge de gouvernante*; mais, depuis, persuadée de Téloignement que son amie affectait pour les honneurs, elle ne songeait plus à elle pour la succession de madame de (iuéménée. De son côté, la duchesse, obligée de soutenir le caractère de désintéressement dont elle faisait montre, n'osait pas se mettre en avant, et, comme ses amis l'en pressaient , elle manifestait en paroles une répugnance invincible pour cette place. Cependant, Besenval la trouva « choquée de ce qu'il n'était pas venu dans la tète de la reine de la lui offrir ». Le bon Suisse, qui connaissait son monde et qui aimait l'intrigue, tout en feignant de croire aux sentiments de la duchesse, prit en mains la négociation qui réussit. Quelques jours après, madame de Polignac lui écrivit que « la reine lui avait proposé d'accepter la charge de gouvernante des enfants de France, et y avait mis tant de grâces, tant de marques d'amitié et de sensibilité que, quoiqu'elle pensât toujours de même sur la chaîne qu'elle allait se donner, elle n'avait pu refuser*. »
Jusque-là, les enfants royaux avaient été logés avec leur gouvernante dans des hôtels éloignés de l'agitation de la cour'. Marie- Antoinette ne voulut pas se séparer de son amie, et les enfants furent installés au château de Versailles. Les détails de cette nouvelle organisation défraient les correspondances du temps. « Madame de Polignac couchera-t-elle avec M. le Dauphin? » écrit le chevalier de Tlsle au prince de Ligne*. « Non. Il a été spécialement énoncé qu'elle couchera avec qui elle voudra. » Une porte de glace lui permettra de voir ce qui se passe chez le
i. Lettres de M, de Kageneck, 77.