Arch. nat. OH
Jardinage. — Comédie de société : les Sabots^ les deux Chasseurs et la Laitière^ Isabelle et Gertrude» — Fête en Thonneur de la duchesse de Manchester.
Construction du hameau.
La ruine. — Chanson de Marlborough. — Madame Poitrine, nourrice du dauphin.
John Eggleton, jardinier anglais.
Plantation du nouveau jardin. — Travaux d'Antoine Richard.
Les Mémoires secrets rapportent, à la date du 1" mai 1783, que madame Elisabeth, « touchée depuis longtemps du bel exemple de sa tante, madame Louise, avait le désir de se faire religieuse. » Le roi s'y était opposé, en déclarant qu'il fallait que sa sœur, avant de prendre une décision si grave, eût atteint l'âge de vingt-cinq ans, et que, « alors même, il délibérerait s'il était de la sagesse d'y consentir. » Devant cette opposition, madame Elisabeth aurait résolu de quitter furtivement la cour pour se réfugier chez les carmélites de Saint-Denis, Mais la reine, instruite du jour fixé pour la fuite, invita adroitement sa bellesœur à Trianon, et la garda auprès d'elle « jusqu'à ce qu'on eût rompu la chaîne de cette pieuse intrigue par l'expulsion de ses agents. » Qu'y a-t-il de vrai dans ce récit? Le biographe de madame Elisabeth eût pu sans doute nous le dire; il a préféré garder le silence sur la question. La nouvelle racontée par les Mémoires secrets ne doit pas être entièrement controuvée, car le
comte d'Hézecques dit dans ses Souvenirs* : « A mon arrivée à la cour, on ne parlait que du désir de madame Elisabeth d'entrer en religion et de prendre le voile à Saint-Cyr... Le Roi n'y voulut jamais consentir. » On croirait, d'après le texte des Mémoires secrets, que la reine était alors établie à Trianon. Mais le journal de Louis XVI nous apprend qu'il n'y eut pas de voyage à ce château avant le mois de juin. Si les faits racontés par le chroniqueur sont exacts, il s'agit, non d'un séjour, mais d'une promenade à Trianon.
Marie-Antoinette devait, dès les premiers jours du printemps, venir fréquemment passer la journée dans cette résidence qui, grâce aux soins d'Antoine Richard , était délicieuse à ce moment de l'année. Claude avait pris sa retraite', et son fils dirigeait seul les jardins depuis le mois de juillet 1782. Si la reine s'était montrée peu soucieuse de garder sous ses fenêtres les parterres botaniques méthodiquement ordonnés par Bernard de Jussieu, il ne fut pas du moins difficile de l'intéresser à la culture des plantes d'ornement. En 1779, un robinia avait fleuri dans les serres de Trianon*; sur son ordre, madame Regnault, auteur de la Botanique mise à la portée de tout le monde ^ fut chargée de le peindre et de le graver. La reine se fit envoyer par l'empereur, en 1782, plusieurs caisses de fleurs*. Richard obtint d'elle la construction de nouvelles serres autour du bassin du Trèfle, et peu à peu l'horticulture reprit à Trianon la place qu'elle y tenait du temps de Louis XV. En 1783, ces serres jie contenaient pas moins de deux mille trois cent cinquante arbustes à fleurs, sans parler de huit mille pots et d'un grand nombre d'arbres à fruits, parmi lesquels on comptait trois cent soixante-dix pêchers. Dans le jardin fleuriste, Richard réunissait de pré-
2. Il mourut deux ans après, le 24 novembre 1784. Aix:h. nat., OM879. — Son fils ne fut plus, comme lui, payé directement par le roi. Voy. le livre des dépenses particulières de Louis XVI.