Mém. sec, 47 août
4. 0* 1879. — M. deCastries offrit à la même époque des oignons de fleurs.
cieusGs collections qui faisaient Tadmiratiou des connaisseurs. La mode était aux tulipes, aux iris de Perse, aux jacinthes surtout. On aimait à grouper sur des planches distinctes les pieds de couleurs semblables : rouge, blanche, bleue, jaune, porcelaine, agathe, etc. Les pièces à Tappui des comptes offrent une liste de cent dix variétés de cette fleur, auxquelles les amateurs donnaient des noms qui ne le cèdent pas en étrangeté à ceux que Ton relève aujourd'hui sur les catalogues d'horticulture : il y avait la belle Galathée, la bergère, la chartreuse, le grand-visir, la rose sublime, le bâcha de Bulgarie, le grand-mogol, Proserpine, Absalon, le passe- Joab, la grandeur terrestre, le mont Vésuve, le gouverneur général, le commis des finances, etc., etc. Les roses surtout étaient en honneur à Trianon. On ne négligeait pas non plus les orangers. La récolte de leurs fleurs était estimée, pour les années médiocres, de vingt à trente livres ; pour les moyennes, de trente à soixante; pour les bonnes, de soixante à cent. La reine en faisait, tous les ans, des cadeaux au roi, à ses tantes, à la surintendante de sa maison, à la dame d'honneur, aux premières femmes de chambre, au directeur général des bâtiments et à quelques autres fonctionnaires de ce service*. En 1783, Richard projeta de garnir les vestibules, les escaliers et les appartements du château d'une décoration d'arbustes fleuris. Cette proposition fut d'abord assez mal accueillie par le roi. Thierry, son premier valet de chambre, répondit en son nom à l'architecte Mique : « S. M. m'ordonne de vous mander que vous ne risquez rien de beaucoup rabattre sur les onze cent soixante-quinze arbustes que le sieur Richard vous demande : ce sont ses propres expressions". » Le caractère de Louis XYI étant connu, on peut, sans craindre de se tromper, conjecturer que ce refus ne fut pas définitif, et que, si la reine insista, comme c'est probable, le château ne tarda pas à se revêtir de la parure florale que souhaitait son jardinier. Pendant les mois d'avril et de mai, Marie-Antoinette et son
i. OH879.