Mémoires; Paris, 1857, in
porains ne nous fixent pas sur ce point. Le récit de Grimm, qui en a parlé avec quelque détail, laisserait croire qu'il s'agit de la comédie. Cependant, c'était Topéra-comique que la troupe italienne était venue représenter. Tannée précédente, à Trianon, et Ton sait que la reine aimait les rôles où le chant se mêlait à la déclamation. D'un autre côté, les gazettes nous montrent, pendant tout le commencement de l'année 1785, Beaumarchais très occupé de faire jouer l'œuvre de Paisiello*. Je pencherais pour l'opéra-comique.
C'est pendant les répétitions de cette pièce qu'éclata l'affaire du collier. Il en faut dire quelques mots. Le joaillier Boehmer avait formé, dans l'intention de le vendre à la reine, un collier de diamants d'une valeur de 1,600,000 livres. Il le fit montrer au roi, qui l'offrit à Marie-Antoinette. Cette princesse, qui avait eu jadis un goût très vif pour les diamants, s'en était déprise et ne voulut pas l'accepter. On sait, d'autre part, que le cardinal de Rohan, évêque de Strasbourg, grand-aumônier de France, ancien ambassadeur à Vienne, s'était attiré la haine de l'impératrice Marie-Thérèse, à cause de sa conduite scandaleuse' et aussi parce qu'il avait essayé d'empêcher le mariage du dauphin avec l'archiduchesse, et éventé l'intrigue du partage de la Pologne. Marie- Antoinette épousa la haine de sa mère, et le grand-aumônier, tombé dans la défaveur, était tenu à l'écart depuis le commencement du nouveau règne. Il désirait ardemment rentrer en grâce. Une intrigante, la comtesse de Lamotte- Valois, imagina d'exploiter ce désir. Afin de lui persuader qu'elle jouissait d'un grand crédit auprès de Marie- Antoinette, elle eut l'audace de faire jouer' le personnage de la reine à une fille 01iva,« une barboteuse des rues* » qui donna un rendez-vous nocturne au car-