‹ Le Petit-Trianon (volume 3)Chapitre 201 sur 355 · LE PORTRAIT DB LA REINE · texte numérisé non relu

LE PORTRAIT DB LA REINE

dinal dans le parc de Versailles. La femme Lamotte soutira ainsi de sa dupe fascinée plus de 120,000 livres*. Tout à coup elle entendit parler de démarches tentées par Boehmer pour vendre à l'étranger le collier refusé par la reine, et conçut la pensée d'une escroquerie gigantesque dont le cardinal serait Tagent inconscient. Elle lui conta que la reine, se ravisant, mou* rait d'envie d'avoir ce bijou, mais n'osait l'acquérir ouvertement, et elle l'amena à croire que cette princesse lui rendrait toute sa bienveillance et le pousserait même au ministère, s'il l'achetait pour elle. Elle devait lui faire passer secrètement l'argent nécessaire pour le payer en plusieurs termes. Le cardinal tomba dans le piège, prit le collier chez Boehmer^ le porta, le 1°' février 1785, chez madame de Lamotte qui le remit devant lui entre les mains d'un valet supposé de la reine*. Il vivait depuis lors dans l'espérance des plus hautes destinées, tandis que le joaillier attendait son argent.

Boehmer, à la première échéance, ne voyant rien venir, se rendit le 3 août, auprès de madame Campan qui était à Crespy, chez son beau-père, pour lui demander d'intervenir auprès de la reine afin de le faire payer. Madame Campan lui démontra qu'il avait dû être trompé, et lui conseilla d'aller trouver le baron de Breteuil, qui avait la charge des diamants de la couronne, « de lui dire avec sincérité tout ce qui s'était passé et de

se laisser diriger par lui Je passai, «continue la première

femme de chambre, « dix jours à ma campagne sans entendre parler de cette affaire. La reine m'ayant fait demander au Petit-

placée en i785, quelques jours avant Tarrestation du cardinal, et la lient à rintrigue du collier, landis que, d'après les pièces du procès, elle esl d'une année anlérieure et tout à fait étrangère à TaCTaire. C'était une manœuvre de la femme Lamotte pour soutirer de l'argent au cardinal ; elle ne pensa au collier que plus tard. Madame Campan, l'abbé Georgel et même Beugnot, qui prétend avoir vu revenir la femme Lamotte et la Aile Oliva de leur expédition, se trompent également sur ce point.

i. Le comte Beugnot. Mémoires; Paris, 1868, 2 v. in-8®, I, c. i et ii«

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