Tilly. I,c. VI
3. Placée d'abord au château royal de Gripsholm, celle loile esl maintenant au musée de Stockholm, n® 1032 du Catalogue des tableaux du musée national; Stockholm, 1883, in-12. Notre héliogravure est faite d'après une photographie que nous devonsârobligcance de M. Guilof Upmark, intendant du musée de Stockholm. — Werlmûller (Adolphe-UIric), né à Stockolm, avait été, à TAge de 32 ans^ agréé par Tacadémie, le 30 août 1783, et reçu académicien, le 31 juillet 1784 (OH926). Le prix du portrait de la reine, débattu entre le peintre Pierre pour M. d'Angiviller et l'auteur, fut fixé à 14,000 livres (OH 931).
4. Près du temple, à travers le feiûllage, on aperçoit confusément deux dames.
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sautoir et la croix de Saint-Louis au cou. La reine est en grand habit de soie puce avec jupe blanche, elle a un col et des manchettes de dentelles, et aux poignets des bracelets de perles. Sur sa tête est une sorte de schapska de satin gris, garni de plumes blanches.
Ce tableau fut assez mal accueilli des critiques contemporains qui le trouvèrent froid, sans majesté, sans grâce*. Pour la postérité, au contraire, il a le plus grand mérite : celui de la ressemblance. Au dire de madame Campan*, il n'existe de bon portrait de la reine que cette toile de Wertmiiller, et celle que madame Lebrun peignit en 1787, et dont nous aurons à dire un mot à cette date. Le roi de Suède la reçut à la fin de Tannée 1786, et dans une lettre du 12 novembre*, il nous garantit de son côté l'exactitude du peintre qui n'avait pas flatté son modèle : « Voici, mon cher baron, une lettre pour la Reine de France, que Flaxel doit vous faîrc tenir par une occasion sûre ; c'est pour la remercier de son portrait. Il est bien peint, mais ne lui ressemble pas en beau ; il est bien difficile en effet de bien attraper les grâces et les agréments de sa figure. La petite Madame est charmante ; mon fils l'appelle sa petite femme. Lorsqu'il a su que c'était la fille du Roi de France, il a dit : « lion ska bli min kastru (elle sera ma femme). » Rosenstein m'a conté tous ces beaux projets ce matin. Le Dauphin est fort grand et ressemble au Roi son père ; en un mot, c'est un très beau tableau que je mettrai dans ma nouvelle maison, à Ilaga. »
Le portrait de Wertmiiller répond bien à la description que le comte de Tilly nous a laissée de Marie-Antoinette : « Elle avait, » dit-il*, « des yeux qui n'étaient pas beaux, mais qui prenaient tous les caractères : la bienveillance ou l'aversion se peignaient dans ce regard plus singulièrement que je ne l'ai rencontré ailleurs. Je ne suis pas bien sûr que son nez fût celui de son visage.
\. Grimm, XIV, 292 ; et Mém, sec.
3. Lettre au baron de Staël. Gef!h)y, Gustave UJ, t. Il, 444.