LE JARDIN BOTANIQUE
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JJornard de Jussicii. — Classification botanique. — Linné ot Trianon.
Plantes exotiques.
Antoine Richard. — Emplacement du jardin botanique.
Depuis le commencement du siècle, la botanique avait fait do grands progrès : on avait décrit des milliers de plantes, déterminé les genres, fixé la nomenclature. Mais il restait à établir une classification générale des espèces sur des bases véritablement scientifiques. Tous les savants à Fenvi cherchaient quels étaient les caractères constants dont les diverses combinaisons dans les plantes pouvaient être regardées comme des lois de la nature. Lânné s'était flatté de les trouver dans les étamines et les pistils; mais on n'avait pas tardé à reconnaître que ce système, loin d'être l'expression des rapports réels entre les espèces, « dilacérait, » suivant l'expression d'un naturaliste contemporain*, « les genres les plus naturels » et que, dans la pratique, il était la cause de fréquentes erreurs.
Il V avait alors au Jardin des Plantes, à Paris, un botaniste
L Le chevalier de La Marck. Encyclopédie mélhodiquCy in-4®. Botanique, I, discours préléminaire.
dont l'autorilé était de beaucoup supérieure à sa situation officielle. Chargé de diriger la plantation du droguîcr', avec le modeste titre de sous-démonstrateur, Beroard de Jussicu avait acquis une grande réputation par l'étendue de ses connaissances et la sûreté de sa méthode. 11 n'avait publié qu'un petit nombre de mémoires, mais ses leçons et ses conversations l'avaient mis en haute estime parmi les naturalistes ; « l'Europe était pleine
Louis XV.
En 1739, ce prince, à rinsligaticm sans doulu (io son jardinierfleuriste, qui, nous l'avons vu. s'était peu à peu élevé di' la pratique à la sciiiuce-, se proposa de joiudrc à ses potagers un jardin botanique, et il chargea Bernard do Jussieu de présider h l'arrangement de cette culleclion. Le botaniste vint s'établir dans la maison de Ricbnrd'. Il avait beaucoup réfléchi jusque-là au problème de la classification des plantes, et il pensait qu'il fallait en chercher le principe dans la structure de l'embryon et l'insertion de l'étaniine et de la corolle. C'est d'après ces idées, absolument nouvelles, qu'il disposa dans le jardin de Trianon les ordres de végétaux, en suivant la nomenclature de Linné. Il ne publia cependant aucun mémoire sur sa découverte, parce qu'il se réservait de la porfL-clionner par des observations ultérieures. Mais on peut dire que la méthode natxielle était dès lors fondée. Aussi Adanson, qui avait suivi de priis ses travaux à Trianon, l'appelle-t-il, dans le grand ouvrage i^u'il fit paraître, en 17G3, sur les Familles des p/antes'^, le Newton de la botanique. Bernard de Jussieu, qui eût pu facilenienl obtenir la direction de ce nouveau jardin, ne songea même puiut JL la demander. Cependant, s'il n'eut pas le litre et les appointements d'un directeur, il en exerça
i. Jardin de plantes médicinales.
2. Histoire de l'académie roj/ate des sciences. Année \m . Èlofie de Bernard de Jussieu. Paris, 1780, in-i".