Paris, 2 v. in
LB Jardin botanique. 19
quelque temps la charge et il surveilla, pendant les premières années, le développement des plantations*.
« Le Roi le mandait souvent à Trianon et se plaisait à causer familièrement avec lui : Textrême simplicité du botaniste avait âté au monarque, dès leurs premières entrevues, cet embarras que fait contracter aux princes l'habitude de la représentation, le malheur de ne vivre qu'avec des hommes occupés, en leur parlant, de vues secrètes, et la nécessité de songer, en leur répondant, à se défier de leurs pièges. Le Roi trouvait dans M. de Jussieu un homme toujours également prêt à répondre à ses questions ou à lui avouer qu'il n'y savait pas répondre, et ce prince ne pouvait craindre de lui ni des insinuations dangereuses, ni des demandes indiscrètes. M. de Jussieu ne retira de la familiarité de son souverain aucun avantage que le plaisir toujours piquant, même pour un philosophe, d'avoir vu de près un homme de qui dépend le sort de vingt millions d'hommes ; il ne demanda rien et on ne lui donna rien, pas même le remboursement des dépenses que ses fréquents voyages lui avaient causées. Cependant le Roi ne l'avait pas oublié; il cessa, au bout de quelques années, de le mander à Trianon où sa présence n'était plus utile. Mais il parlait souvent de lui avec intérêt*. »
Si Bernard de Jussieu n'écrivait point, il parlait, et d'autres écrivaient d'après lui. Il fit à Trianon, sur les rapports naturels des plantes, plusieurs leçons dont l'abbé Garon', membre de la société d'agriculture de Versailles, célébrait encore le souvenir, plus de quarante ans après. Un jeune naturaliste, dont on a déjà parlé à propos de la culture du fraisier, puisa dans cet enseignement l'idée d'un livre dont Bernard de Jussieu encouragea et surveilla la publication. Le professeur lui
1. On trouve son visa au bas de projets d*agrandisscment : « Approuvé les neuf prés sur la plate-bande et les seize prés sur le carré, 9 décembre 1761 . De Jussieu. » Ârchiv. nat. 0 ^ 1 885-6.