Mercy, If
4. A la date des 10, 17 et 22 août, d'après le journal de Louis XVI.
livre sur Gustave III et la Cour de Fra$ice\ un petit billet très sec qui prouve qu'elle la tint éloignée d'elle le plus qu'elle put. Il était naturel de penser qu'elle offrirait sa société à la voyageuse, quand son mari, chassant avec le roi, laissait celle-ci abandonnée à elle-même. « Faites bien entendre, » écrit-elle, au contraire, à Mercy, « que ces jours-là je me les réserve pour mes affaires, et que j'aime à être seule, pour qu'elle ne demande pas à venir, car cela me gênerait fort. » Que penser, après cela, de l'autographe suivant, publié dans le recueil de M. Feuillet de Couches*? « Je viens à peine de vous quitter, ma chère comtesse de Bélyé*, que, les yeux encore tout humides de nos adieux, je veux vous embrasser de nouveau. Écrivez-moi tout de suite comment vous avez fait votre voyage et comment vous êtes arrivée à Bruxelles. Le bon duc n'était pas à son aise en partant, et je lui en veux un peu d'avoir voulu se mettre en route dans cet état malgré nos vœux. Je vais m'asseoir sur ce banc où nous allions, vous et moi, causer, ma bonne chère Christine, et renouveler autant qu'il est en moi ce bonheur en y rêvant. Ma fille veut arroser elle-même le petit parterre de vos fleurs préférées. Ce sera pour elle vous respirer, et je donnerai votre nom au premier beau chrysanthème qui réussira. » Ce ton de sentimentalité outrée ne se retrouve jamais d'ailleurs dans la correspondance authentique de Marie-Antoinette, dont le style ordinaire est plus simple et plus naturel.
La gouvernante des Pays-Bas partit de Versailles le 28 août. Le lendemain, la reine vint s'établir à son château pour vingtsept jours*. C'est à ce voyage que se rapporte un épisode raconté assez longuement par madame Campan. « J'entrai un matin, » dit la cpmériste", « à Trianon, dans la chambre de la reine ; elle