‹ Le Petit-Trianon (volume 3)Chapitre 31 sur 355 · LE JARDIN BOTANIQUE · texte numérisé non relu

LE JARDIN BOTANIQUE

aussi versé dans la zoologie que dans la botanique, il a marqué sa place au premier rang des naturalistes français'.

On a perdu le souvenir de la situation précise du jardin botanique. D'après la tradition la plus généralement acceptée, il aurait été placé entre l'orangerie et la maison du jardinier, au lieu où se trouve actuellement un fleuriste. Le plan reproduit ici {pi, VI) lèvera tous les doutes. Il a été dressé en 1774 et gravé dans la collection des dessins et plans de jardins formée par Lerouge. S'il a échappé jusqu'à ce jour à l'attention des nombreux écrivains qui se sont occupés de Versailles , c'est à cause de l'extrême rareté de cette publication*. Les collections, disposées suivant Tordre imaginé par Bernard de Jussieu, occupaient une large bande de terrain au nord-est du jardin français. Le jardin botanique commençait au bout du fleuriste actuel et s'étendait jusqu'à la limite de l'enceinte près du château. Il fut planté en deux fois. On fit d'abord, en 1759, la portion supérieure qui contient une grande serre', sur la terrasse la plus élevée, avec le carré au-dessous que termine un canal destiné à la culture des plantes aquatiques. En 1761, lors de la construction du château, le jardin entier fut remanié, ainsi que nous l'exposerons tout à rheure, et une nouvelle section botanique fut

\ . Il devint, après la Révolution, professeur à l'école de médecine de Paris et membre de Tlnslitut.

2. Cah. VI. pi. 20. La planche 2t offre un plan du Trianon de Louis XV, dressé, en 1774, à une plus grande échelle, par Muller, jardinier de Garlsruhe. Ce plan ne va pas plus loin que les escaliers du château et ne contient pas, par conséquent, le jardin botanique. — La collection Lerouge dont, parmi les bibliothèques publiques de Paris, celle deThôtel Carnavalet possède seule un exemplaire complet, est composée de 2! cahiers in-folio oblong. Commencée en i77i, elle a été interrompue par la Révolution. Elle n'a pas de titre général. Ceux des divers cahiers varient. Le !«' porte : Bétail des nouveaux jardins à la mode; le 2« : Jardins anglo-chinois à la mode ; le V^ : Jardins anglo<hinois. Ce dernier est celui de la majorité des cahiers. Ils contiennent ensemble 491 planches. Parmi, sont comptées comme planches 12 pages de titres et explications.

3. Les plans et élévations de cette serre, dite serre hollandaise, sont conservés aux archives nationales (OH 879). Par son aspect et son développement, elle est vraiment digne d'un jardin royal.

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ajoutée au premier enclos. La dernière catégorie du catalogue de Bernard de Jussicu, celle des conifères, s'arrêtait à la limite de l'avenue Saint -Antoine. D'après Duchesne*, les cèdres du Liban, les pins et les sapins près de la porte, à côté de la grille d'entrée, sont demeurés au lieu même où Claude Richard les avait plantés. C'est, avec quelques arbres disséminés sur les pelouses et dans le fleuriste lors de rétablissement du jardin anglais de 1774 à 1777, tout ce qui reste à Trianon des collections botaniques réunies par Louis XV.

i . Cicérone de Versailles, 98*.

Second jardin. — Dépense. — Distribution des appartements. — Décoration.

Tables volantes. — Communs.

Reines-marguerites. — Chapelle. — Dépense totale. — Dernier jardin français.

Au moment de rétablissement du jardin botanique, Louis XV fit étudier un projet de transformation et d'agrandissement du Petit-Trianon. Il s'agissait de supprimer le corps de garde des officiers, les volières, les poulaillers et les potagers, et de construire, à Fendroît où s'élevait le portique de treillage, un petit château*. Le jardinet des officiers devait être réuni à celui de la ménagerie; le dessin des salles d'arbres, à droite et à gauche du bassin, vers le Grand-Trianon, modifié; et le terrain occupé par les potagers, planté en bosquets*. Ces divers travaux s'exécutèrent de 1739 à 1761, en même temps qu'on disposait les collections botaniques au nord-est du futur édifice. On transporta les volières et poulaillers dans des pavillons bâtis en équerre au bout de la vacherie, et un bassin rectangulaire fut creusé pour les canards dans la cour par devant'. Un méridien* et deux statues de la Maladie et de la

i. Le portique était situé au point précis où commence la terrasse devau le château.

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