‹ Le Petit-Trianon (volume 3)Chapitre 53 sur 355 · On en trouvera la preuve dans la suite de ce récit · texte numérisé non relu

On en trouvera la preuve dans la suite de ce récit

58 LB JARDTN ANaLAIS.

assez longuement une anecdote qui a servi à fabriquer un autographe, publié par M. d'HunoIstein*. « Dans les premiers temps où la reine fut en possession du Petit-Trianon, on répandit dans quelques sociétés qu'elle en avait changé le nom et lui avait substitué celui de Petit- Vienne ouPetit-Schœnbrunn. Un homme de la cour, assez simple pour croire légèrement à ce bruit, et désirant entrer avec sa société dans ce jardin, écrivit à M. Campan pour en demander la permission à la reine. Il avait, dans son billet, appelé Trianon : le Petit-Vienne. L'usage était de mettre les demandes de ce genre... sous les yeux de S. M... qui accordait elle-même les permissions... Quand elle lut ces mots, elle fut très désobligée, et s'écria avec vivacité qu'il y avait trop de sots qui servaient les méchants; qu'elle était déjà informée que l'on faisait circuler dans le monde qu'elle ne pensait qu'à son pays et qu'elle conservait le cœur autrichien, tandis que ce qui tenait à la France avait seul le droit de l'intéresser... Elle refusa une demande aussi gauchement formulée et ordonna à M. Campan de répondre que la reine était étonnée qu'un homme de bonne compagnie pût croire qu'elle fît une chose aussi déplacée que de changer les noms français de ses palais pour en substituer d'étrangers. » Il faut noter que Mercy ne fait pas la moindre allusion à une circonstance qui méritait pourtant de fixer son attention, puisqu'elle mettait en cause les sentiments de la reine pour son pays. La demande dont il s'agit fut sans doute adressée, non dans les premiers temps, mais après 1780; c'est à cette époque seulement que le jardin anglais, à peine terminé, put s'ouvrir à des visiteurs choisis. La vérité est que l'appellation dont il s'agit, donnée tout naturellement par le public à une résidence où la reine annonçait hautement l'intention de mener l'existence simple et familière de la cour de Vienne, ne parut pas plus singulière que les noms de Tivoli, Colisée, Ranelagh',

1 . Correspondance inédite de Marie- Anloinette, 3' édiU ; Paris, 1 861, in-8«, 81

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