‹ Le Petit-Trianon (volume 3)Chapitre 61 sur 355 · PLAN DU JARDINIBB ANTOINE RICHARD · texte numérisé non relu

PLAN DU JARDINIBB ANTOINE RICHARD

Blondel. Stanislas Lcczinski le nomma, en 1762, ingénieur en chef des ponts et chaussées de Lorraine et Barrois, et, Tannée suivante, il devint directeur général des bâtiments du roi de Pologne. Il construisit à Nancy un magnifique corps de caserne* et les portes monumentales de Sainte-Catherine et de Saint-Stanislas. Il avait été fait chevalier de Saint-Michel en 1763. Son ambition se borna d'abord au poste de premier architecte des bâtiments élevés par le roi de Pologne en Lorraine, et, sur le désir exprimé par Stanislas qu'il fût conservé dans cet emploi après sa mort , il en avait obtenu la promesse formelle du marquis de Marigny. Quand son maître mourut, il rappela cet engagement au directeur général des bâtiments qui ne parut pas d'abord vouloir y faire honneur, car on trouve en marge de la lettre de Mique, datée de Lunéville le 24 février 1766, cette annotation : « A été décidé qu'on n'y ferait point de réponse. » Mique revint à la charge le 22 mai 1766. M. de Marigny lui écrivit alors que, les bâtiments construits en Lorraine parle roi de Pologne devant rentrer dans les domaines, cette place d'architecte regardait désormais le contrôleur général des finances. Mique l'obtint-il? Je ne saurais le dire, n'ayant pas trouvé la solution donnée à cette affaire*. Il avait été pourvu, à une date que je ne puis préciser, du titre d'intendant et contrôleur général des bâtiments de la reine. C'est en cette qualité qu'il prit la suite des travaux de Gabriel.

Dès le début, l'entreprise se heurta à un obstacle qui devait jusqu'à la fin gêner son développement : le défaut d'argent. Aucun crédit n* avait été assigné pour les dépenses, et la direction générale des bâtiments ne se trouvait régulièrement saisie que de la construction de l'enceinte, dont le devis s'élevait seule-

1 . La caserne Sainte-Catherine. — Morey, Notice sur Richard Mique, dans les Mémoires de l'académie de Stanislas^ année 1868; Nancy, i869, in-8^, 49, avec portrait, d*après un tableau de Heinsius, conservé au musée historique lorrain à Nancy.

2. Je dois ces renseignements à Tobligeance de M. Guiffrey, archiviste aux archives nationales.

ment à 28,710 livres. Ce travail lui-même ne marchait qu'avec lenteur, faute de fonds. La reine s'impatientait ; elle ordonna à sa dame d'honneur de presser Turgot, récemment nommé contrôleur général, de fournir les sommes nécessaires. Madame de Noailles lui écrivit en ces termes, le 28 septembre 1774 : « Vous savez, monsieur, que la Reine fait faire un jardin chinois à Trianon. Sa Majesté était convenue avec M. l'abbé Terray, et avec la permission du Roi, que ce serait M. Mique, intendant des bâtiments de cette princesse, qui en serait chargé, et qu'il (l'abbé Terray) fournirait les fonds tous les mois; il n'y a rien de payé jusqu'à présent, et je joins ici la note de ce qui est nécessaire pour le présent et jusqu'après Fontainebleau*. Depuis l'arrangement pris, la Reine a infiniment diminué le projet, Sa Majesté ne voulant pas causer une grande dépense. La Reine est malade, ce qui l'empêche de vous dire elle-même son affaire, et m'a ordonné de vous l'expliquer. La somme du moment est de 8,000 livres. Je vous prie d'être bien persuadé, monsieur, que j'ai l'honneur d'être plus que personne votre très humble et très obéissante servante. Arpajon, comtesse de Noailles. » La note à l'appui de cette lettre explique que la dépense, faite jusqu'au 26 septembre, s'élève à 3,910 livres, et que, pour continuer les travaux avec le même nombre d'ouvriers jusqu'au retour de Fontainebleau, une somme de 4,000 livres est nécessaire. Turgot, mauvais courtisan, au lieu de remplir sans délai la promesse de l'abbé Terray, renvoya l'affaire au directeur des bâtiments pour l'instruire. De son côté, M. d'Angiviller, qui n'avait pas été appelé aux conférences de la reine et de M. de Caraman, ne sachant rien de l'ensemble du projet, demanda des renseignements à Mique. « Monsieur le comte, » lui répondit l'architecte, le 3 octobre, «il n'y a eu de spéculation faite sur la dépense , du jardin de la reine à Trianon que pour les objets les plus nécessaires : 1^ pour les plantations et tapis de gazon de différentes es-

1. La cour y alla du iO octobre au 10 novembre. Journal de Louis XVL

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