‹ Le Petit-Trianon (volume 3)Chapitre 67 sur 355 · OM · texte numérisé non relu

OM

76 LE JABOIN ANGLAIS.

fouilla toute la partie de la rivière qui est en face du château depuis la porte verte* jusqu'à Tangle nord de l'enceinte, et Ton planta, à gauche de la grande île, un petit bois qui reçut le nom de bosquet vert. Cet ouvrage ne se termina qu'à la fin de 1776 : jusque-là rien ne fut changé aux potagers ni aux serres sur les terrasses.

Pendant ce temps, la reine eut une fantaisie nouvelle. Le goût n'était pas seulement aux jardins chinois; on raffolait de chinoiseries de toutes sortes, on donnait des fêtes chinoises ; il y en avait eti uneà Marlv au mois d'avril 1775*. Elle voulut avoir à Trianon un jeu de bague chinois comme celui de Monceau. Un dessinateur, à la fin de Tannée, alla prendre le croquis de ce dernier, et, dès lespremiers jours de 1776, un modèle en relief, à l'échelle de quatre pouces par toise, fut présenté à Marie- Antoinette qui l'approuva'. Le jeu de bague de Monceau consistait en un vaste parasol autour duquel tournait une plate-forme. Deux chimères caparaçonnées portaient les hommes. Les dames s'asseyaient sur deux sièges que des chinois à demi couchés tenaient de côté à bras tendus. Les bagues sortaient de lanternes suspendues au bord du parasol. En imitant ce jeu à Trianon, Mique l'embellit et l'amplifia.

Je n'ai rencontré aucune représentation figurée du jeu de bague de Trianon. Il existe à la vérité, dans le dossier des bâtiments, une esquisse crayonnée sur un chiffon de papier, sans doute par Mique, au cours d'une conversation avec M. d'Angiviller, esquisse qui m'a paru d'abord l'expression de la première idée de l'architecte. Elle représente une tourelle à deux étages ajourés autour de laquelle se meut un plancher. Trois chinois, destinés sans doute, comme à Monceau, à porter les sièges, y sont assis. Le toit de la tourelle est surmonté d'un quatrième chinois tenant un

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