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PROJET DE L*ARCHITBGTB MIQUB. 93
la France. Le 13 mai, elle lui donna à dîner à Trianon. « Cette auguste princesse,» rapporte Mercy à Marie-Thérèse*, « m'avait ordonné d'y venir après midi avec les comtes de Belgiojoso, de CoUoredo et de Cobenzl. Nous y arrivâmes à cinq heures ; on se promena dans les jardins, où il y eut différents petits spectacles amusants. Madame et M"* la comtesse d'Artois s'y trouvaient, mais avec une suite très bornée. On passa dans les cabinets de la Reine où l'on attendit l'arrivée du Roi qui vint avec Monsieur et une suite assez nombreuse en hommes. Madame Sophie et madame Elisabeth arrivèrent en même temps ; on soupa à neuf heures ; on se rendit, à dix heures et demie, au spectacle qui dura près de deux heures. Cette fête, très bien ordonnée, devint charmante par les grâces que la Reine y déploya envers un chacun. Le Roi y mit de la gaité et, autant que le comporte sa tournure, il parut attentif envers l'Empereur. Je remarquai dans cette occasion, ainsi que dans plusieurs autres, combien S. M. L, par l'aisance de son maintien, sait allier la forme de l'incognito avec une contenance de supériorité laquelle, sans rien exiger, s'attire tous les hommages. Il paraissait être le père de toute la famille royale. » Le spectacle dont parle Mercy eut lieu dans l'orangerie; il fut composé des Fausses infidélités*^ de l'Amoureux de quinze ans*^ et d'un ballet, le Prétendu et la Rosière\
a Le 22 mai, la Reine conduisit encore son auguste frère & Trianon ; ils y dînèrent sans autre suite que celle de la comtesse de Mailly, dame d'atours, et de la duchesse de Duras, dame du palais. Après le dîner, l'Empereur et la Reine se promenèrent seuls dans les jardins, où ils eurent une longue conversation. Le monarque reprit les objets essentiels, relatifs à la Reine et dont elle lui avait parlé elle-même. Il développa ses réflexions, fit un tableau frappant de la position de la Reine, des écuoils qui Ten-