‹ Le Petit-Trianon (volume 3)Chapitre 80 sur 355 · Iir · texte numérisé non relu

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Le duc de Coigny ' », dit un contemporain', « n était pas un très bel homme, pas un homme de beaucoup d'esprit. Il avait mieux que cela : un excellent maintien, uri ton exquis, une belle tournure, une raison simple et juste, du calme et de la politesse, un cœur droit que l'élévation n'avait pas corrompu, que la faveur n'avait point gâté; aimé de tout le monde, il ne haïssait personne. » Il avait alors quarante ans. Maréchal de camp, colonel général des dragons, gouverneur du château de Choisy, premier écuyer du roi, récemment décoré de l'ordre du Saint-Esprit, le duc de Coigny occupait à la cour une position considérable. Il était, rapporte madame Campan, « aussi bien vu par le roi que par la reine. » Mercy l'accuse d'abuser de son influence pour « extorquer de cette princesse des grâces qui occasionnaient des plaintes continuelles dans le public'. » La faveur grandissante de la comtesse de Polignac lui portait ombrage, et, à ce moment même, il s'était « déterminé à la fronder et à chercher de la rendre suspecte à la Reine. » C'est par là sans doute qu'il s'attira la bienveillance de l'empereur sur lequel la comtesse avait produit une assez mauvaise impression*.

Joseph II partit, le 30 mai, entre onze heures et minuit. Les adieux « furent très attendrissants pour la Reine qui se fit violence pour cacher une partie de son trouble. » Mais elle avait voulu « trop prendre sur elle pour garder bonne contenance ; » et, après le départ de l'empereur, « elle eut le même soir des

i. François-Henri de Franquetol, duc de Coigny, né à Paris en i737. Son fils, François-Marie -Casimir, avait épousé, en 1775, mademoiselle de Confians d*Armentières, une des plus charmantes personnes de la société d'alors, d'un esprit vif, piquant, sans aigreur, avec beaucoup de grâce et d'élégance. Marie-Antoinette disait d'elle : « Je suis reine à Versailles; c'est madame de Coigny qui est reine à Paris. » On a d'elle une correspondance inédite tout à fait remarquable, dont M. Paul Lacroix, au moment de sa mort, préparait la publication.

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