‹ Le Petit-Trianon (volume 3)Chapitre 81 sur 355 · Mercy, II, 477; III · texte numérisé non relu

Mercy, II, 477; III

PROJET DK L ARCHITKCTB MIQUB. 97

convulsions de nerfs assez violentes. » Le lendemain, Meroy la trouva « plus tranquille et en bonne santé, cependant toujours fort attristée. » Elle désira « passer la journée dans la solitude, et elle se fit suivre au Petit-Trianon par la princesse de Lamballe, la comtesse Jules de Polignac et une seule dame du palais. » Le même jour, un courrier lui apporta une lettre de sa mère qui « la calma infiniment. » La séparation n'avait pas moins coûté à Tcmpereur. « J'ai quitté, » écrit-il à Marie-Thérèse, « j'ai quitté Versailles avec peine, attaché vraiment à* ma sœur; j*ai trouvé auprès d'elle une espèce de douceur de vie à laquelle j'avais renoncé, mais dont je vois que le goût ne m'avait pas quitté; j'ai passé des heures et des heures avec elle, sans m'apercevoir comment elles s'écoulaient... Il m'a fallu toute ma force pour trouver des jambes pour m'en aller*. »

Le 18 juin, la reine reçut au Petit-Trianon la famille royale, et fit représenter devant elle le Barbier de Séville et la Fête du château*. Il y eut, en outre, un divertissement tiré du Barbier de Séville^ pour lequel on confectionna huit grandes mandolines pouvant s'ouvrir pour laisser voir, à l'intérieur, des figures de femmes. Mercy constate, à la date du 15 juillet, que « la Reine semble prendre toujours plus de goût pour son château de Tria* non. Quand elle y va, » dit-il, « passer les après-midi, elle n'y est suivie que par deux ou trois dames*. » Elle y prenait du laitage à la ménagerie de madame de Pompadour. La Correspondance secrète* a noté qu'elle fut fort incommodée, le 12 juillet, pour avoir, « malgré toutes les représentations, mangé d'un fromage à la glace. »

Elle venait suivre les progrès des travaux dans le jardin anglais. On avait, dans les derniers jours de l'hiver, planté les ar-

t . Mercy, III, 76, 86. Le roi fit présenl à Joseph II d'uu ameublemeul complet, fait aux Gobelins. OM 130.

2. 0*3051. La première pièce, de Beaumarchais, jouée par la comédie ft*ançaise ; la seconde, de Favart, par la comédie italienne.

Page 1