I, 202 et
Divertisseuieut champêtre (juin 1779). — Les princes de Hesse-Darmstadt
(printemps de 1780).
Le comte d'Artois danse sur la corde. — Bibliothèque de la reine aux Tuileries
Livres du boudoir. — L*abbé de Vermond, l'historiographe Moreau,
M. Campan. — 31adame Campan. -^ Bibliothèque du Petit -Trianon.
Après ce séjour, la reine reprit, à Trianon, pendant le reste de 1779, les habitudes des années précédentes, c'est-à-dire qu'elle y vint fréquemment passer la journée, qu'elle y reçut à dîner la famille royale, qu'elle y donna des divertissements, des spectacles et des fêtes, mais sans s'y établir à demeure et sans y coucher. Durant son absence, « on avait, » parait-il, » cherché à travailler l'esprit du Roi du côté de la galanterie... Elle en fut un peu occupée, même assez affectée pour qu'on lui remarquât du chagrin. Dans ces circonstances, je proposai, » dit Mercy*, « deux choses à S. M. : la première et la plus essentielle était de mettre une assiduité constante à être avec le Roi le plus que possible, à lui marquer de la tendresse, à l'attirer dans la société de la Reine, et à faire en sorte qu'il y trouvât de l'amusement. Tout cela a été rempli avec succès ; la Reine s'est déterminée aux voyages de Saint-Hubert', elle a imaginé ceux de Trianon qui
2. Saint-Hubert était une maison de chasse située environ à 20 kilomètres de Versailles, entre la forêt de Saint-Léger et celle de Rambouillet. On y passait seulement la journée et on rentrait le soir à Versailles. Bâti par Gabriel en i7o6, le château, qui était sur le territoire du Perray, fut vendu par Louis XVI en i784, lorsqu*il eut acheté Rambouillet. On le détruisit peu de temps après.
ont produit le meilleur effet. » Dans une autre lettre*, il donne quelques détails sur ces derniers voyages. Un jour par semaine, dit-il, « toute la famille royale se réunit, à Jrianon, chez la Reine et y soupe ; il y a ordinairement un spectacle et un peu de jeu pour remplir la soirée. Le Roi paraît se plaire beaucoup à ces petites parties de plaisir; il n'y a que les courtisans les plus favorisés qui y sont admis. » D'après le journal de Louis XVI, ces réceptions furent au nombre de quatre; elles eurent lieu les 1°', 11, 15 et 21 juin. Le roi ne parle pas de spectacles; la salle n'était pas encore prête. Si l'on joua la comédie, ce fut sans doute dans les appartements, sur un de ces théâtres ambulants dont la cour possédait un assortiment.
On trouve dans la correspondance de Grimm* la description d'un divertissement offert à la reine au mois de juin : « Tous les fossés qui entourent le jardin étaient semés de fascines allumées, dont la lueur, mêlée avec celle de plusieurs lampions cachés avec beaucoup d'art dans le feuillage des bosquets les plus touffus, répandait au milieu de la nuit une clarté douce, semblable au clair de lune ou au premier rayon de l'aube matinale. Ayant fait remarquer à S. M. l'effet singulier de la nouvelle aurore, on lui donna le désir de descendre dans ses jardins. Là, elle fut surprise par les sons d'une musique céleste, et en suivant les accents d'une mélodie si touchante, elle aperçut, dans une des niches du bosquet, un berger jouant de la flûte : c'était M. le duc de Guines; plus loin, deux faunes, Begozzi et Ponte, qui exécutèrent d'abord un duo de cor et de hautbois, et, réunissant ensuite leurs accords avec ceux de la flûte, formèrent un trio charmant. Des couplets chantés par d'autres divinités champêtres terminèrent ce joli impromptu; mais ces couplets ne sont point sortis du sanctuaire pour lequel ils ont été faits'. »
i. Mercy, m, 320.