TRIANON DEVANT LE TRIBUNAL RÉVOLUTIONNAIRE
Dépcusc* (lu PolU-Trianoii. — PaiiiphleU de la fetnine Lamolti*. Cftlotniiics (l(* In cour conlro Mnric-Antoiiiollo.
A partir du 5 oclobrc 1789, lo PctiUTrianoii n*csi plus nommé par les écrivains qui nous ont laissé des mémoires sur Marie- AnioinoUe. La veille du 6 octobre 1793, alors qu'elle comparaissait devant le tribunal révolutionnaire, une question du président fit revivre tout à coup dans Tesprit de la malheureuse reine Timage de ce domaine enchanté, où s'étaient écoulés ses plus heureux jours. De quelle émotion poignante ce souvenir, évoqué dans un pareil lieu, devant de tels juges, et avec la piMsporlive du supplice qui Taltendait, no dut-il pas saisir son cœur meurtri?
Le Président d Cnccusée : « N'avez-vous pas abusé de Tin- • fluence que vous aviez sur votre époux pour en tirer des bons a sur le trésor public? » — L*Acci'ste : « Jamais.
« Où avez-vous donc pris largent avec lequel vous avez fait a construire et meubler le Petit-Trianon , dans lequel vous donniez « dos fêles, dont vous étiez toujours la déesse? — C'était un fonds « que Ton avait destiné h cet effet.
« Il fallait que ce fonds fût conséquent, car le Petit-Trianon <f doit avoir coûté des sommes énormes? — Il est possible que le <K Petit-Triaiion ait coûté des sommes immenses, peut-être plus « que je no l'aurais désiré; on avait étéenlratiié dans les dépenses
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a peu à pou; ilu rosle, je (lésina plus que personne que l'on soil a inslruil de ce qui s'y est passé'. »
On en a lu, dans les pages (|ui préeisdenl, le fidide réeil. Quant aux dépenses, la reine n'avail rien dissimulé dans sa réponse. Au conimencenienl, nous l'avons vu, un crédit avait été ouvert au service des bâtiments pour l'exécution du premier plan proposé par Tarcliitecte Mique; mais ce crédit, insuffisant d'ailleurs, se trouva liientAt épuisé. Et puis, c'était bien vrai, on s'était laissé entraîner; cbaquc année, une fantaisie nouvelle était venuo s'ajouter aux autres, d, comme il fallait l'exécuter sans retard, car alors la jeune reine n'aimait pas attendre, on n'avait pas eu le temps d'établir des prévisions régulières, et on s'était vu obligé de grappiller sur tous les chapitres du budget : fonds des dépenses de la reine , fonds des bâtiments, fonds des menusplaisirs, fonds du garde-meuble, sans compter ce que le roi avait soldé sur sa cassette*; et, malgré tout cida, on n'avait pu suffire à payer les entrepreneurs, qui, lassés de réclamer vainement, en étaient venus à envoyer l'Iiuissier à rarcbitecto*. Voilà ce qui avait tant fait crier contre les dépenses du l'etit-Trianon.
Si le procès de la reine n'avait pas été bùclé en quelques heures, et qu'on eût laissé à Fouquier-Tinville le temps d'instruire l'accusation', on aurait trouvé, dans les dossiers de la liste civile, le compte de la liquidation des dépenses du Petit-Trianon, qui fut arrêté le 31 aoiil 1791*. il s'élève b la somme de 1,0(0,529 livres, 12 sous, W deniers. On avait payé 1,170,730 livres. Il restait dÀ 478,799 livres, 13 sous, 2 deniers. Dans cette
1. Kiii.Cainpardou. Marie-AntoincUcàlaCuncierycne; Paiis, I8(»3,iii-I8»3l7.
2. On trouve nu Livre rouge rindicutioii d*une somme de 21,381 livres, 3 sous, payée à Moreau pour fourniluie d'arhrus. — Hihl. iial., n)s. fr. U808. — Airli. nal. OM874-8G, 3044-87, 3131-33, 3470, 3W3-8'J, 3401.
3. Ai-cli. nal. OMSSO. — Fayol, chef d'atelier mineur, qui uvail, en 1780, oxéciilé pour ol,13o livres, 14 bons, 10 tieniers de liavauz, III à Henry, inspecletu' sous les ordres de Mi«|iH;, une cilalitui iiu Inircau de paix, |mhm* (Mi-e payé, en 1701.