APR
tralo à Versailles fit changer radminislralioii d'avis. Elle proposa, (lès Tan 111, d'annexer à ce nouvel établissement un jardin botanique. Ce projet ne fut cependant exécuté qu'en l'an Vil. Le jardin de l'école centrale, confié à Antoine Richard, fut placé dans le grand potager*. On y porta les plantes de Trianon, à l'exception des « fleurs de curiosité, tulipes, jacinthes, œillets, et des renoncules semi-doubles qui furent dissipées. » La plantation en fut inaugurée solennellement devant le neveu de Bernard de Jussieu, Antoine-Laurent, et une députation de l'Institut. Les élèves de la classe d'histoire naturelle présentaient, « à chacun des fonctionnaires qui y prenaient part, un jeune oi'bro ou une plante dont les propriétés offraient qm^lque rapport h leurs fonctions : » fnmieiit, vigne, chanvre, luzerne, pommier, représentant les cultures du département de Seine-et-Oise, aux membres de l'administration centrale; plantes de ville, aux membres de l'administration municipale, etc. Les invités mettaient aussitôt les végétaux a la place qui leur convenait, suivant la classification naturelle déterminée pour la première fois, en 4759, au Petit-Trianon, et développée plus tard au Jardin des plantes de Paris. On autorisa Richard ù joindre au jardin botanique du potager « une pépinière d'arbres fruitiers, riche en variétés rares et sûres pour le choix des meilleures à cultiver*. »
Avec TEnipire, le Pelil-Trianoii reprit son rang de palais*. Napoléon, après une visite aux Trianons, faite en compagnie de Joséphine, le 22 mars 1805, donna des ordres pour sa restauration. On n'eut pasgrand'chose à faire pour le remettre en état\ L'empereur, dit-on , chercha à replacer dans les palaisimpériaux les anciens serviteurs de la royauté. Pourquoi Richard demeura-t-il exclu de cette faveur? On l'ignore. Le potager de Versailles ayant été rendu à
\. Cicérone, p. H4et 157.
^. L'entrée était rue du Potager, n* %.
3, Le cafetier fut congédié avec une indemnité.
4. On remplaça alors dans le temple la statue do TAmour par un groupe rrpn^entant Venus et TAmour, do Vassé. Sons Louis-Philippe, on y remit iiiin copie do la statuo do noucliardon.
36S LK HAyKAU.
sa dcstinalion i»nnHtive', il se trouva sans place. Lors de la cons- Iruclion du jardin anglais d'abord, du jardin du hameau ensuite, il avait du pren<lre k sa charge tous \os (ravaux de l(*rrasscment et de fouille des rivières, et avancer les salaires des ouvriers. Pour y faire face, il avait fallu emprunter dos sommes qui ne lui avaient été remboursées que tardivement, malgré des réclamations réitérées. (Àitle entreprise, au lieu de l'enrichir, l'avait ruiné. « No possédant plus d'autre bien qu'une riche bibliothèque, composée des ouvrages les plus rares et les plus précieux eu botanique, il fut réduit 2ila vendre » pour subvenir aux besoins les plus urgents desafamille.Bientût,«atteint d'une fièvre bilieuse inflammatoire, manquant de tout, dépouillé de tout, même de l'espérance, il mourut, le 28 janvier 1807, h l'&ge de soixante-douze ans, laissant une veuve et trois enfants dans une situation à laquelle ils no devait*nt pas s'attendre, après une vie remplie de travail et une aussi sage conduite*, o
La fin de l'architecte de la reine avait été plus terrible que celle de son jardinier. Il fut accusé avec son fils, Simon Mique d'ileillecourt, conseiller à la chambre des comptes, de complicité dans une conspiration ourdie pour sauver la reine, jeté en prison, et condamné, le 7 juillet 1794, à la peine do mort. On les décapita tous deux le lendemain*.
1. En 1805, après la suppression de l'école centrale dont Hichard était le janlinicr, M. do Mouliilivcl^ préfet de Seine-cl-Oiso, Tavail noiiiniti dii^M'lcnr du jardin botanique.