‹ Le Petit-TrianonChapitre 226 sur 314 · I, introduction · texte numérisé non relu

I, introduction

MiH LE HAUICAU.

gricullure el aux arls. Par arrèlé du i pluviAse au 111 (2't jauvi(*r 17%), lit rnprnsniilaiil du peuphi vi\ mission <lans lit dr^partu- Mioiil <lo S(Uii<ï-<il-i)is(ï fil suspendre la Yonte dvH serres diauiles « pour permettre «feu transporter, quand la saison U\ pernu^tlrail, les richesses végétales au Muséum d'histoire naturelle, o Afin d'assurer Texécution Au décret do la Convention, un autre représentant, André Dumont, défendit de donner suite au projet de vente de tout ou partie des Trianons, attendu que « les moyens d'existence des habitants de la comnmne de Versailles dépendaient dû la conservation et de l'entretien des propriétés nationales que renfermait cette commune*. » En attendant qu'on leur donnAt une destination conforme au vœu de la représentation nationale, un inspecteur, secondé pur un poste d'invalides, fut chargé de veiller h la conservation des palais et jardins.

Us reçurent, au printemps de 1706, la visite d'un Allemand, le docteur Meyer, qui nous en a laissé une description intéressante. L'affiche annonçant la vente était encore apposée sur la porte. a Les salles et chambres, d dit-il, a étaient dévastées (on avait enlevé jusqu'aux serrures des portes et fenêtres, superbe travail en bronze), les glaces cassées, les consoles brisées, les dessus de porte peints, arrachés. » Cependant, <c on avait laissé subsister les boiseries travaillées avec le plus grand art et les fenêtres en glace, » dans les trois cabinets de la reine, vis-à-vis le temple de l'Amour, a dont la transparence était si trompeuse qu'on ne pouvait pas remarquer <le différence entre les fc^nétres ouvertes ou fermées. » Dans la salle h manger étaient entassés « des débris de différentes espèces de jeux, des chars brisés, des fragments de figures fantastiques d'animaux ayant servi à des traîneaux. » C*était plutôt, je pense, des morceaux des fauteuils et des chimères du jeu de bague, a Ailleurs, on voyait le tableau en cire des ambassa<leurs de Tipôo-Saheb, «pie l'inspecteur avait acheté pour le montrer aux étrangers et en tirer bénéfice'. — Au

i. Dussieux. llhioire du CMlcau de Versailles, II, 304.

2. Il les avail achetés 1800 livres. Procès-vcibul de vente, n« 11814.

APRAs 1780. S50

lliôAI ir , lo8 (Hoffos dos si^gc8 cl des appuis des galeries avaient élé enlevées*. On lisait sur une pancarte accrochée aux lorchëres des groupes des avanl-scënes : a En réquisition pour le Musée. »>

Dans le jardin, continue Meyer, toutes les plantations étaient nliandoiHiées (»t élnufréos par les plantes sauvages qui enilmrrassnieiit le passage. « La nature, » dit-il, a s*y était abrutie. » Il reconnaît pourtant qu*avec très peu de travail il serait facile do rétablir tout dans son premier état. Dans le hameau, la plupart des fenêtres étaient brisées et les escaliers, à moitié rompus, étaient envahis par le lierre et la vigne sauvage. Quelques chaumières (sans doute la grange et la maison du jardinier, qui ont disparu) meiiac^aient ruine. On entrevoyait des hommes à mine suspecte se glissant derrière les maisons abandoimées pour aller abattre furtivement et voler des arbres dans le bois; et son guide lui fit à ce propos « des récits épouvantables sur les bandes do voleurs et d'assassins qui désolaient ce canton. »

En quittant le Petil-Trianon,Ie docteur Meyer s*enalla promener sa rêverie danslesappartementsdésertsdupalaisdc Versailles, oiiconlinuaitàtrAneren effigie le grand roi, coiffé du bonnet rouge, etsauvegardé par un écriteau qui le travestissait en Mars français^ protecteur de la liberté des peuples. « La soirée, » dit le docteur, « était obscure, des nuages roulants au-dessus du parc menaçaient d'une tempête. (^Ite solitude, c^ silence me jiesaient. Neuf heures sonnèrent. Dans Tinstanl, une musique on sourdine de Alites et de harpes m'étonna; elle partait d'une horloge admirable que j avais vue, douze ans auparavant, dans la chambre de la reine. C'était le tendre andante d'une sonate, précédant un adagio mélancolique. Il se terminait insensiblement par des tons qu'on entendait à peine. Alors se turent les flûtes, les harpes, et le silenrx! de la mort régna do nouveau. »

Le docteur, on le voit , était doublé d'un poète ; mais, comme tous les poètes, il inclinait vers l'exagération. L'état du Petit-Trianon était loin d'être aussi déplorable qu'il le donne àentendre. La vérité

I . («c détail cslcoiinrmé pnr le prorés-Torbal do vontc du mobiliefi ii* iOOOO.

3UU LK UAMBAU.

c*sl que, à pari ladégratlulion des doux cliaumièrcs, duo sans doute k riiitompérie des saisons, il n'y avail aucune avarie sérieuse. Si Ton r.nuim (^n fraude <|nel(|ues ari)res,ce furent des Iroiics do peu de valeur, el Tabus ne dura pas longtemps. Uno autre descriplion, publiée avec de très remarquables gravures eu couleur par un Anglais qui visila le Petit-Trianon en 1803', c'cst-à-diro avant toute roslauralion, nous a conservé l'image de trois fabriques du hameau dans le plus parfait état de conservation*; les plantations aussi y paraissent llorissanles.

Aucun établissement d'utilité nationale n'ayant été placé, suivant le vœu exprimé par le conventionnel Couthon, dans le Petit- Trianon, l'administration, lasse de conserver sans profit « le repaire des débauches d'Antoinette et de son exécrable cour', » prit le parti de le louer à un limonadier. On lisait encore, dans ces derniers temps, renseigne à demi effacée du café, sur le salon de jeu et de conversation. Il y eut des danses publiques plusieurs fois par semaine dans le jardin, (iarnerin y fit ses premières ascensions aérostatiques. M. Dussieux a relevé, sur ces bals, dans le Journal de Seme-ei-Oise du 30 messidor an VII, un détail amusant. On était alors sur le ])ied de guerre avec T Angleterre, et quelques militaires et patri<»tes 1res zélés a s'tqqmsèrenl, » dit la feuille départementale, a à ce que Ton exécut&t la danse anglaise; mais ils ont cédé devant le bon esprit du reste de rassemblée. »

Nous avons vu plus haut quil avait été question de transférer au Muséum d*hist<»ire naturelle, à Paris, ce que Marie-Antoinette avait conservé, dans Iiïs serres du Petit-Trianon, des cidlectioiis végétales formées par Louis XV. La création d'une école con-

1 . [/ouvrage de Nulles, cité plus haul (p. i 02), est sans date. Mais les gravures sont dalccs : la plus ancienne de 1805, lu dernière de 1810. 11 est dit dans le lexle (|nc le dessinalcur rencontra Kolzchuc avec madame Réramicr à Siiinl-DiMiis. Les lioslililcs ayant retommcncr avec rAngh^loire à la lin de 1803, Nulles a «lA aloi's quillcr la Trance. Son voyage doil donc être placé on

2. La maison du liillard, le boudoir el la tour de Maiihorougli.

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