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assez longucnicnl une anecdote qui a servi à fabriquer un autographe, publié par M. «rilunolstein'. » Dans les premiers temps où la reine fut en possession du Petit-Trianon, on répandit dans quelques sociétés qu'elle en avait changé le nom et lui avait substitué celui de Petit- Vienne ou Petit-Schœnbrunn. Un homme de la cour, assez simple pour croire légèrement à ce bruit, et désirant entrer avec sa société dans ce jardin, écrivit à M. Campan pour en demander la permission à la reine. Il avait, dans son billet, appelé Trianon : le Petit-Vienne. L'usage était de mettre les demandes de ce genre... sous les yeux de S. M... qui accordait elle-même les permissions... Quand elle lut ces mots, elle fut très désobligée, et s'écria avec vivacité qu'il y avait trop de sots qui servaient les méchants; qu'elle était déjà informée que l'on faisait circuler dans le monde qu'elle ne pensait qu'à son pays et qu'elle conservait le cœur autrichien, tandis que ce qui tenait à la France avait seul le droit de l'intéresser... Elle refusa une demande aussi gauchement formulée et ordonna à M. Campan de répondre que la reine était étonnée qu'un homme de bonne compagnie put croire qu'elle fit une chose aussi déplacée que de changer les noms français de ses palais pour en substituer d'étrangers. » Il faut noter que Mercy ne fait pas la moindre allusion à une circonstance qui méritait pourtant de fixer son attention, puisqu'elle mettait en cause les sentiments de la reine pour son pays. La demande dont il s'agit fut sans doute adressée, non dans les premiers temps, mais après 1780; c'est à cette époque seulement que le jardin anglais, à peine terminé, put s'ouvrir à des visiteurs choisis. La vérité est qud l'appellation dont il s'agit, donnée tout naturellement par le public à une résidence où la reine annonçait hautement l'intention de mener l'existence simple et familière de la cour de Vienne, ne parut pas plus singulière que les noms de Tivoli, Colisée, Ranelagh',
I. Correspondance inédUe de Marie-ÀnioinelU^Z^ èdiU;Pan%, I86ft,in-8%SI. t. Lerouge, cah. VI, pi. 7 et 8.
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Wauxliall', Qltribués alors à des imitations de Félranger. Personne dans le principe n'y attacha d'importance. Les successeurs de Bachaumont répètent plusieurs fois : « le Petit- Vienne, » sans y mettre la moindre malice. On voit même ce nom apparaître dans des mémoires de dépenses relatives au Pctit-Trianon\ sans que l'administration songe à le relever, comme elle avait fait pour les termes du placet présenté par le mécanicien Riclier, et dont on a lu plus haut un extrait. Il ne prévalut point cependant ; l'usage s'établit d'appeler le Petil-Trianon : le jardin de la reine.
Marie-Antoinette prit tout de suite possession de son château. Elle y pendit la crémaillère, le 6 juin, jour de la levée des scellés apposés sur les papiers de Louis XY, et y reçut à dîner « son auguste époux » et la famille royale' , c'est-à-dire madame Clotilde, qui devait bientôt quitter la France pour le Piémont, les frères du roi^et les comtesses de Provence et d'Artois. Les tantes de Louis XYI étaient encore malades de la petite vérole qu'elles avaient contractée en soignant leur père, et madame Elisabeth vivait sous la tutelle de sa gouvernante.
Monsieur était un prince aimable, lettré ; mais d'une franchise douteuse, avec un penchant h l'intrigue. Sa fîgure eût été belle sans l'obésité qui en alourdissait les traits. Il se montrait empressé auprès de la reine. C'est pendant l'été de 1774 qu'ayant par mégarde brisé son éventail, il lo remplaça par un autre qui portait celte inscription :
Au milieu des chaleurs extrêmes, Heureux d'amuser vos loisirs, Je saurai près de vous amener les Zéphyrs ; Les Amours y viendront d'eux-mêmes «.
— De tous les enfants du dauphin, fils de Louis XV, le comte
I. Le Wauxhall de Londres est représente dans la collection Lerouge, cah. IV, pi. 2.
î. Airh. nat. ()i30i8. D^'pcnscs des spectacles on 1776.