Par les danseurs de l'opéra
vironnaiciil, do lu facililé avec laquelle elle s*y laissail eutraliier parTapp&l Irompeur des dissipalions; il lui eu présenta les couséquences infaillibles el effrayantes pour Tavouir. Dans ce chapitre furent compris les articles de la négligence envers le Roi, des sociétés de la Reine, de l'abandon de toute occupation sérieuse et de la passion pour le jeu. >'
Il lui réitéra sans doute, et aussi vainement, les conseils que répétaient sans cesse et sa mère et Mercy , effrayés tous deux de lui voir prendre des allures si différentes de celles dos reines qui l'avaient précédée. A demi effacées et comme perdues dans Téclat du roi, connues seulement par leur bienfaisance et leur piété, ces princesses ne paraissaient en public qu'entourées de femmes, el rien, dans leur existence qui s'écoulait tout entière sous l'œil de témoins désignés par l'étiquette, ne pouvait donner prise aux propos téméraires. Qu'on juge du scandale que causa la vue d'une jeune femme de vingt ans, se mettant en avant partout sans le roi; allant en cabriolet, dans des toilettes extraordinaires, aux chasses du bois de Boulogne, aux courses de chevaux, avec une troupe de jeunes gens turbulents et sans respect; courant les bals de l'opéra en compagnie du comte d'Artois et de Monsieur que ne voulait point suivre Madame ; passant ses soirées dans la maison do la princesse de Guénenée, « vrai tripot » ob régnait « un air de licence et de mauvais ton; » installant elle-même à la cour, au mépris des ordonnances portées contre les jeux de hasard et malgré le blâme du roi, une banque de pharaon oii l'on poutait sans désemparer trente-six heures de suite jusqu'au matin de la Toussahil*. La reine, disait Mercy, « a de l'esprit, de lapénélration, du caractère et des gr&ces infinies, mais l'emploi de si grands avantages n'est pas à beaucoup près tel que je m'en étais flatté et que je devais m'y attendre. » Tout cède « à des idées de dis-
i. Madame Caiiipaii, I, cliap. iv.
2. Mercy, U, 76. Les promenades iioctiiriies iruvaienl pas encore eu lieu. Elles devaieiil commencer cet élé même, upi*ès le départ de Joseph II. Mercy, n, 113.
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1. ^ f 'iii«^uift4leiji-i 6i IruiAqueiuL duc dt Cuuxt. uê & Par» cui 1717. Sou Ijr». f nua«:ui^Kiint"'Cbhiiiiir. uvaui tt|»buiit . en ITT^. iu4ideiiiatst*tkr de Cau- ÏXëSîï C AJiueulit:refc. tut dtt plufr ciibi-uikiiia |»erMdiiitt de ia socâétê cfiMtirft, (f UL etipri: vif. ^uquiiuL, mois iup<eiij. av<sc l»e*aoobp ifte gràoe fll <f tïte^ikiâue, Miintr'Aiii'jujeiit disaii d'eiie : i ie &iui reine b Vfrsiulke», c'en fubûiotot de Cui^« qui est reiue b Fkn&. » ou Ji d élit uDt correspoodbiic» lUMtiu luui d litit it'iiiki-qubiile, doui M. Pnul Lactoix, au m&meui àt m mort,
2L Tjltr, U, cUbf. iriL
3. IJ «euaiii dtlbire créei, poui ie filk deKui luédMau, ime f ilaœ 4lc fcraûcr ijcéitènU d«f poste», « olijei de W,OWf k GK'.MKt in. de reve&u auuiiAl.»
4 Mercr, U, 477:111, bl, 14, 123.
brts au linmoD et du bocage; maml^iiant oe acberail Urmire. A U fia do mou, il ne nt;«Uii plus qu'à eotulmire la montagne et à ereiuer le lae. Toute la partie de la ntMirelle enceurte silofe an aord-eit était terminée'. Sans être encore c^rtuplet, puisque le temple de l'Amour sortait à peine de terre, le jardin offrait déjà des sites et des promenades agréables. La reine Toulut rinangurer par une grande fête qui eut lien le 3 septembre.
Mercy semble n'y aroir rien vu qui méritlt une mention spéciale. « U j eut, * dit-il', « différentes sortes de jeux dans les jardins, un grand souper, illumination et spectacle. » Il fut seulement frappé de la présence du premier minisire et de sa femme. « Les ministres du Roi non plus que leurs épouses ne sont jamais appelés à ces parties; mais, dans cette dernière occasion, le comte et la comtesse de Maurepas ont été invités par la Reine, et cette faveur exclusive a eu de quoi les flatter infiniment, i»
Les gazettes ont fait cependant beaucoup de bruit autour de la fête du 3 septembre. Elles s'occupent déjà des préparatifs. « On a dit, » rapportent les Mémoires secreis, à la date du 26 août, « que la Reine avait arrêté avec les gens chargés île ses fêtes d'en donner une au Roi au Pclît-Triaiion. Le jour était pris pour le lendemain (jour de la Saint-Louis). Il était question des choses les plus agréables, surtout de surprises flatteuses pour le monarque. Malheureusement, le Roi en a eu veut; il a su que la dépense montait à 80,000 livres. Il a trouvé cela trop cher, surtout dans un moment où, par économie, il se prive du voyage de Fontainebleau, et, pour couper court à des galanteries dispendieuses, lorsque S. M. est venue elle-même le solliciter de se rendre au Petit-Trianon, il l'a refusée impitoyablement, ce qui a sensiblement affligé la Reine. Le motif est si beau, si extraordinaire dans un prince de cet âge, que la bouderie de S. M. ne durera sûrement pas, et qu'elle profitera de la leçon pour mettre plus d'épargne dans SCS plaisirs. »
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de boulanger, charcutier, rôtisseur ci pâtissier. Ailleurs, une guinguette élait entourée de vingt et un berceaux de treillage, chacun d'eux portant le nom d'une maison royale sur un écriteau. Plus loin, on rencontrait un thé&tre en plein vent, & la facjade ornée de motifs d'architecture. Sur un autre point, c'était un cabinet de Cornus dont la devanture offrait diverses inscriptions. Des guirlandes de fleurs* reliaient entre elles toutes ces fabriques, etaumilieudujardin,surunsocle peinten marbre rouge, s'élevait un pavillon d'où l'on embrassait l'ensemble de la décoration. Le soir , le jardin fut éclairé par 2 ,600 lumières colorées*. A l'extérieur , a les avenues du château étaient bordées de boutiques de marchands de Paris qu'on avait engagés à venir et à chacun desquels on paya quatre louis pour ses faux frais. » Carlin, le célèbre arlequin de la comédie italienne, et Dugazon, de la comédie française, cachés dans des carcasses d'osier en forme de pie et de dindon', firent une parade dans la boutique d'un oiseleur. Sur le théâtre improvisé, on représenta des proverbes entremêlés do couplets^ l'opéra-comique des Sabots*^ et un ballet grotesque, les Meuniers, où l'on voit figurer un homme habillé en femme, un président,] un commissaire, des meuniers, des savoyards et des paysans allemands. Kiifin, au jeu de bague, entouré pour la circonstance d'un amphithéâtre de gradins, sur lesquels on avait peint quarante vases de porcelaine garnis de fleurs, il y eut une fête chinoise, à laquelle les musiciens des gardes françaises, travestis en chinois, prêtèrent leur concours*.
a En dépit de M. Necker, » continuent les auteurs de la Cor-