‹ Le Petit-TrianonChapitre 76 sur 314 · QiaOSi · texte numérisé non relu

QiaOSi

os LB JARDIN ANGLAIS.

Dans lo premier aperçu donné par Mique des frais qu'ontratncrait rétablissement du jardin anglais, i'archilecte avait parlé d'une somme do 170,000 livres. Le devis définitif allait à 298,275 livres, 10 sous, 10 deniers. On avait obtenu une ordonnance do 100,000 livres sur lesquelles 46,100 livres étaient dépensées au commencement de 1776. Il manquait environ 200,000 livres. Le comte d'Ângiviller adressa, dans les premiers jours d'avril, à la reine un mémoire pour lui exposer la situation, a Si les fonds ordinaires de mon département, » dit-il, « frétaient pas toujours trop inférieurs h ses besoins, je ne me permettrais pas d'occuper Votre Majesté de l'espèce d'embarras dans lequel je me trouve pour les 200,000 livres à peu près qu'exige lo jardin. Mais, puisque les circonstances s'opposent h mon vœu le plus cher, celui de prévenir les désirs de Votre Majesté, je La supplie très humblement de vouloir bien m'autoriser à rendre compte, de sa part, au Roi de l'état actuel des choses, et à prendre ses ordres pour solliciter auprès du ministre de la finance et au nom de Votre Majesté l'assignat » de la somme nécessaire. « Peut-être Votre Majesté préfèrera-t-Elle de parler Elle-même au Roi, et je me permettrais volontiers de L'y engager. Si Elle daignait m'en laisser le soin, ce sera me réserver un moyen de plus de Lui marquer et mon respect et mon zèle. » La reine ne voulut pas se donner la peine de demander les fonds au roi, et le directeur des bâtiments dut se charger de la négociation*. Le successeur de Turgot, M. Necker, n'y mit pas d'abord un très grand empressement, car il n'avait encore rien accordé le 10 juin; il falhit pourtant h la fm s'exécuter.

Au moment où l'on apportait chez la reine les modèles du Petit-Trianon (5 mai)', elle recevait son frère, l'empereur Joseph II qui, sous le nom de comte de Falkenstein, venait incognito visiter

i. Voici comiiiciil on proposait de répartir Feniploi des fonds: 80,000 iiv. de juin ù septeinhrc 1777; :)0,000 Iiv. d octobre à dcccmlMc; 30,000 Iiv. do janvier à mars 1778; 45,000 Iiv. d'avril à juin; 43,000 Iiv. de juillet à septembre ; 22,000 Iiv. en octobre et novembre. OM870.

virouiiaicnl, do lu facilil6 avoc laquelle elle s*y laissait eiilratiier parTapp&l trompeur des dissipations; il lui eu présoula les conséquences infaillibles el effrayantes pour Taveuir. Dans ce chapitre furent compris les articles de la négligence envers le Roi, des sociétés de la Reine, de l'abandon de toute occupation sérieuse et de la passion pour le jeu. >»

Il lui réitéra sans doute, et aussi vainement, les conseils que répétaient sans cesse et sa mère et Mercy , effrayés tous deux de lui voir prendre des allures si différentes de celles des reines qui l'avaient précédée. A demi effacées et comme perdues dans l'éclat du roi, connues seulement par leur bienfaisance et leur piété, ces princesses ne paraissaient en public qu'entourées de femmes, et rien, dans leur existence qui s'écoulait tout entière sous l'œil de témoins désignés par l'étiquette, ne pouvait donner prise aux propos téméraires. Qu'on juge du scandale que causa la vue d'une jeune femme de vingt ans, se mettant en avant partout sans le roi ; allant en cabriolet, dans des toilettes extraordinaires, aux chasses du bois de Boulogne, aux courses de chevaux, avec une troupe de jeunes gens turbulents et sans respect; courant les bals de l'opéra en compagnie du comte d'Artois et de Monsieur que ne voulait point suivre Madame ; passant ses soirées dans la maison de la princesse de Guénenée, « vrai tripot » où régnait « un air de licence et de mauvais ton; » installant elle-même à la cour, au mépris des ordonnances portées contre les jeux de hasard et malgré le bl&me du roi, une banque de pharaon oii l'on poutait sans désemparer trente-six heures de suite jusqu'au matin de la Toussaint*. La reine, disait Mercy, « a do l'esprit, de la pénétration, du caractère et des grâces infinies, mais l'emploi de si grands avantages n'est pas à beaucoup près tel que je m'en étais flatté et que je devais m'y attendre. » Tout cède « à des idées de dis-

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