Il
remfUr set CuocUons ma gré de sa matlresse. Tandis que Tabbé de Vermood, son m^itor officiel, tentait de vains efforts pour fixer son aliention sor des sujets de piété, d'Iiistoire on de morale, M. (Jainpan uieuLlail ses cabinets de productions pins frivoles, avec lesquelles sa belle-fille savait la divertir en dépit du lecteur en titre. II dut y avoir à ce sujet, entre Tabbé et les Campan, des querelles dont la première femme de cliambrc lui garda rancune, car elle le drape de la belle façon dans ses Mémoires.
Le nom de madame Campan éveille aujourdliui Tidée d*une respectable éducatrice de la jeunesse, embéguinée dans un bonnet de grand'mère'. Elle u*était pas si grave au temps qui nous occupe. Son mari venait d*ètrc nommé maître de la garde-robe de la comtesse d'Artois. Cétait un de ces saints que personne n'invoque, comme dit Molière : sa femme en parle à peine*. Quant à madame Campan, « non moins distinguée par Tétendue et les grâces de son esprit que par la bonté de son cœur •», elle avait des manières aisées et agréables qui plaisaient à Marie-Antoinette. « Elle allait au-<lcvant de ses désirs pour sa toilette qui ne fut jamais plus brillante que de son temps, et c'est abirs, » dit madeniois4»lle llosi*, uiarcliandc île modes Ao. la reine, m qu*il n*y eut plus de bornes dans les dépenses*, m D'après madame Campan, les lectrices en charge ne remplirent jamais leurs fonctions, les femmes de la reine les remplaçaient ; elle-même « avait habituellement cet honneur N». Ce que la première femme de chambre dit des lectrices peut être exact pour la comtesse de Neuilly; mais les gazettes du temps ont trop parlé de l'extrême faveur
1. Il j a, au musée de Versailles, un portrait d'elle, en chapeau blea, lorsqu'elle était directrice de la maison d'Écoueii, sous Fempire, qui doDoe un peu l'idée de ce qu'elle pouvait èlre dans sa jeunesse.
2. Madame Lebrun l'appelle garçon de la chambre et dit qu*il aToil ooe Yoix de stentor. « Co M. t^Minipan parlait toujours de la reine, t^n jour qu'il dînait chez moi, ma tille qui avait alors sept ans me dit tout bas : « Maman, ce monsieur, est-ce le Roi ? • Souvenirs, I, 47.
3. Contersalions liour servir à Ckislûirc tTwu gramle reime; Paris, I8(r7,iii-^.
Leurs fers sont d'un slyle tout à fait nouveau : le style Louis XVI, appliqué à la reliure. Elle possédait un magnifique exemplaire des idylles do Gessner dont j'ai parlé plus haut*.
Il n'est entré dans la bibliothèque du Petit-Trianon qu'un très petit nombre d'ouvrages après 1780*; on a cessé de relier les volumes à partir de 1784. Deux livres allemands seulement y figurent : Werther^ <lo Goethe, et Sigevart^ dédié aux âmes sensibles; encore est-ce sous forme de traduction en français. Un catalogue de cette collection fut dressé et imprimé, en 1781, par Ballard, «imprimeur de la musique de la Chambre et Menus-Plaisirs du Roi, sur une feuille in-folio en réglets et encadrée, le tout par lettres alphabétiques'. » C'est sans doute un répertoire alphabétique dans le genre do celui des livres du boudoir, qui indique seulement le titre abrégé, avec l'armoire et le rayon où le volume est placé. Il y a loin de là à ces splendides catalogues manuscrits^ rédigés pour les bibliothèques de Mesdames, filles de Louis XV, notamment de madame Adélaïde, qui s'est fait représenter, en tète, dans une magnifique vignette, sous la figure de Minerve.
Mais Marie-Aiiloinetto ne s'intéressait guère aux choses de l'esprit. De lous les arls, elle ne s'entendait qu'à la musique. Kii cette matière, du moins, elle sut faire preuve de goAt et de discernement, protégeant à la fois les compositeurs allemands, italiens, français, pensionnant les deux adversaires Gliick etPiccini, et ne ménageant pas les encouragements et les éloges à Grétry,
Antoinette (Voy. plus haut, p. 133, n. 4) n*est pas, comme oq pourrail le croire, celui qui appartient en propre à la colleclion des Tuileries. Il est emprunté à un volume oiïerl en hommage cl relié avec une autre marque que celle dont se servait le relieur ordinaire de la reine. — On parait avoir pris pour les livres du boudoir un fer semblable à celui do Trianon. Mais ces derniers n*onl pas le chiffre C. T.