‹ Le Petit-TrianonChapitre 97 sur 314 · LA REINE ACTRICE · texte numérisé non relu

LA REINE ACTRICE

Juillet-octoliru 1780.

Passion ilc Muric-Aiiloinctlc pour le Ihéàlre. — Coiuôdic «le société.

Lu Iroupc ilo Triaiioii. — Premier rapport de Morcy.

ÊM Gtitjcure imprévue. — Le Hoi et le l^atiiier. — O/i ne $*nvUe jamais de tout,

l^s Fausses infiilélUés — l/Auifinis à Hordeuux, — Ijc Sittxin;

llose et Colas. — Ijt Ikinn de vilhijc. — .Mi!iry spectateur. — Jiùles (riioiiiuiia».

Le Hoi et le Fermier et le Devin de village joués uuc secouJc fois.

Mécoiiteateiiieut de Joseph 11. — Pique entre la reine et Madame.

Jalousie des courtisans. — Spectateurs.

Théâtres de la marquise de Montui^son et <le M'io Guiiuard. — Opinion du public.

L'impéralrico MariivTlién*so, afin <lo foniior la fiiluro daiipliiiie h la iiroiioiicialioii fraiirai.se, avail eu ridée bizarre de lui donner pour mailrcs <le déclamation <lcux comé<liens*. On doil peut-être attribuer aux premières impressions que Marie- Antoinette re(;ut de ces singuliers professeurs sa prédilection pour le tbét\tre. Madame Ciampan, dans des pages trop connues pour les rappeler ici*, nous a montré la daupbine jouant, h Taide de M. («ampan, son beau-père, et de son mari, la comédie en cacliette avec les comtes et comtesses de Provence et d'Artois devant le daupbin seul. La crainte de déplaire à Louis XV et de provoquer la censure de Mesdames

1 . Aufrchne et Saiiivillc. U'uprès les Màwtircs a|K)cry plies do TacltMir Flcury, ce ne Tut |ms Siiinville, niuis su rciiniie, Kclicilc Fleury, sœur du cuniédica. I, 91. Voy. Cainpan, I, 41.

i44 LB JARDIN ANQLAIS.

trois salles successives à Trianon. Je ne parle pas des scènes de Compiègne et de Fontainebleau. Les théâtres ambulants furent multipliés dans les appartements : on en compta jusqu'à neuf; plus lard, pour compléter ce matériel, la reine fera construire un théâtre portatif destiné à des spectacles en plein air dans les jardins*.

Après lu mort de Louis XV, on put croire un moment que la jeune famille royale allait reprendre les jeux scéniques brusquement interrompus de son vivant. « Ces jours derniers, » écrit Mercy le 28 juin 1774', « les princes et princesses étant entre eux, ils imaginèrent de répéter quelques scènes de comédie. On en joua une du Tartuffe : M. le comte de Provence faisait co rôle. Après la scène jouée, le Roi dit : « Cela a été rendu à merci veille; les personnages y étaient dans leur naturel. » Mais cette première tentative n'eut pas de suite immédiate. Cependant le goût de la comédie intime avait gagné toute la France. A Paris, en province, dans les sociétés, dans les châteaux, princes du sang, magistrats, militaires, noblesse et bourgeoisie, tout le monde apprenait des rôles et montait sur les planches pèlemèle avec les acteurs de profession dont on réclamait les leçons et le concours \ Il s'était formé à Versailles, pendant l'hiver de 1780, une compagnie de jeunes gens qui donnait des représentations intimes chez la duchesse de Villequier. La reine en entendit parler et voulut absolument être de ces parties. Elle y vint, un soir, sans cérémonie; mais on était prévenu, et elle trouva seulement un concert fort beau « qui lui fit faire la moue, » car

i. 0 13050, 3062, 3063, 3069. Parmi les décors de ces théâtres, on remarque des foréls, places publiques, palais, hameaux, salons, chambres rustiques, etc. L*un d'eux représentait la galerie de François 1*% à Fontainebleau.

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