‹ Le peuple algérienChapitre 27 sur 104 · POPULATION DES ARRONDISSEMENTS DU DÉPARTEMENT D'ALGER · texte numérisé non relu

POPULATION DES ARRONDISSEMENTS DU DÉPARTEMENT D'ALGER

Arrondissements

Français

et

Naturalisés

Naturalisés

Espagnols

Italiens

Orléansville

Miliana

Alger

Médéa

Tizi-Ouzou

L'arrondissement d'Alger mis à part, les étrangers ne forment qu'une intime minorité vis-à-vis du groupe français, minorité décroissante en allant vers l'p]st. Ajoute-t-on à ces Espagnols et à ces Italiens restés étrangers, ceux qui ont accepté la nationalité française, on n'arrive qu'à des totaux toujours très inférieurs à ceux obtenus pour nos nationaux. D'autre part, si l'on distingue les Espagnols et les Italiens, on s'aperçoit (ce qui est tout naturel), que les premiers vont en diminuant de l'Ouest à l'Est, les autres de l'Est à l'Ouest. Les uns entrent pour une part encore appréciable dans la population des arrondissements d'Orléansville, de Miliana, mais sont peu nombreux dans ceux de Médéa et de Tizi-Ouzou. C'est au contraire sur

le littoral de la Kabylie que les colonies italiennes sont les plus compactes.

L'arrondissement d'Alger a une situation spéciale et il est si peuplé qu'il étouffe pour ainsi dire tous les autres ; il mérite une étude particulière. Les Français se trouvent en masses importantes à Alger et à Blida où ils occupent toutes les places de fonctionnaires, les fonctions libérales, le haut commerce et la grande industrie ; ils peuplent les villages du Sahel, et, aux alentours, y ont constitué de splendides vignobles, à El-Biar, Draria, El-Achour, Douera, Mahelma, Goléa, Attatba, etc. ; la haute Mitidja est entre leurs mains : Marengo,Bourkika, Ameur-el-Aïn, El-Affroun, Mouzaïaville, la Ghiffa, Blida ; Boufarik et Birtouta leur appartiennent. Mais les étrangers se sont infiltrés dans cette population française et continuent à s'accroître rapidement ; ils sont attirés dans cette région de vignobles par l'appât des salaires élevés. Ouvriers agricoles pour la plupart, ils travaillent pour les colons français qui détiennent toujours la propriété du sol.

Là où ces étrangers l'emportent, c'est sur les côtes et dans la banlieue d'Alger. Ils y exercent la profession de pêcheurs ou de maraîchers. Depuis que la culture des primeurs gagne de plus en plus sur la bordure littoralienne, on les voit débarquer en foule pour se livrer à cette culture qui est si rémunératrice et qu'ils connaissent bien pour l'avoir pratiquée en p]spagne et en Italie. Afin de juger exactement de leur nombre, il importe de ne point faire abstraction des naturalisés. En 1901, les principales communes suburbaines avaient la population suivante :

Page 1