‹ Le peuple algérienChapitre 38 sur 104 · ÉPOUX FEMMES DE SANG · texte numérisé non relu

ÉPOUX FEMMES DE SANG

Italiens. Italien. Espagnol. Maltais. Français. Autre.

L'Italien se croise plus aisément que l'Espagnol, mais, ainsi qu'on le voit par ce tableau, et c'est un fait si naturel qu'il est inutile d'insister, il épouse de préférence les jeunes filles d'origine italienne, quoique légalement françaises. Il se marie aussi plus souvent avec des Espagnoles qu'avec des Françaises, pour la même raison que celle qui a été indiquées propos des Espagnols; le milieu qu'il fréquente le met en relations avec les premières plutôt qu'avec les secondes.

Nous avons jugé inutile de poursuivre ces recherches pour les Maltais et pour les autres étrangers à cause de l'infériorité numérique de leurs colonies algériennes.

Mariages des naturalisés. — Mais il restait un groupe que les statistiques antérieures à 1902 ne permettaient point d'individualiser ; c'était le groupe des naturalisés. Or il importait beaucoup de connaître les mouvements démographiques de ces néo-français et notamment leurs mariages. Car, jusqu'ici, on avait tenu pour des mariages croisés leurs unions avec des jeunes filles étrangères de même sang et pour des mariages entre nationaux français celles au contraire où il épousaient des naturalisées à quelque sang qu'elles appartinssent. C'était un groupe confus, informe.

Les statistiques nouvelles éclairent un peu cette obscurité ; les renseignements qu'elles fournissent ne pouvant cependant être comparés à aucune donnée antérieure, ils ne peuvent être présentés qu'à titre d'indications provisoires, et sans qu'il soit utile de calculer des moyennes.

Le groupe des naturalisés français est divisé en cinq

sous-groupes (1) : 2 pour ceux qui doivent leur naturalisation au régime du Sénatus-consulte de 1865; l'un comprend les naturalisés individuels, l'autre les fils de ces naturalisés ; 3 pour les naturalisés des lois du 26 juin 1889 et 21 juillet 1893 ; le premier contient les mineurs de 21 ans ou majeurs de plus de 21 ans, nés en Algérie après 1869 de pères étrangers qui eux-mêmes y sont nés ; le second s'applique aux mineurs de moins de 22 ans, nés en Algérie et y domiciliés, fils de pères étrangers qui eux-mêmes n'y sont pas nés; le troisième, enfin, concerne les majeurs de plus de 22 ans ayant satisfait à la loi sur le recrutement, nés en Algérie, après 1869, de parents étrangers qui eux-mêmes n'y sont pas nés.

Avant toute chose, la recherche qui s'imposait était celle-ci : ces naturalisés de fraîche date et ceux de date ancienne continuaient-ils à épouser des jeunes filles de leur nationalité originelle, qu'elles soient ou ne soient pas naturalisées? Le tableau suivant répond pour les Espagnols, les Italiens et les Maltais.

(1) La <*omplexité de ces sous-groupes n'est peut-être pas le gage de la vérité des statistiques qui sont fondées sur eux. Il est bien évident qu'il doit être très difficile de distinguer entre les naturalisés des diverses catégories. Faute d'autres documents, on est bien obligé de se contenter de ceux-là. A retenir aussi que l'on ne possède que les résultats de deux années et que, si des erreurs se sont glissées, ce n'est qu'à la longue qu'elles seront rectifiées.

Répartition des mariages entre naturalisés

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