DES DÉCÈS
des deux années
baie Espagnole .
Italienne. . .
Maltaise . . .
EXCEDENT
MOYEN
annuel
des
naissances
L'excédent des naissances sur les décès chez les Français est incontestablement plus faible que dans les autres groupes. Mais un gain de près d'un millier d'unités par an n'est pas à dédaigner, d'autant qu'il est peut-être plus élevé que ne l'indique ce chiffre de 809. Car la population française, nous l'avons prouvé et souvent répété, contient toute l'armée qui non seulement ne donne pas de naissances, mais fournit d'assez nombreux décès à cause de la première crise de l'acclimatement. De plus elle compte plus d'hommes que de femmes. Et ne faut-il pas faire entrer en ligne de compte les valétudinaires qui nous viennent de la Métropole ? Si pour toutes ces raisons le bénéfice annuel est trop faible, s'il faut le majorer de quelques centaines d'unités, parlera-t-on encore de l'impossibilité de l'acclimatement de notre race en Afrique ? Qu'on n'affirme pas
d'une façon catégorique la certitude de cet acclimatement, passe encore, mais qu'on ne nie pas qu'il y ait des indices très favorables. Une hygiène bien comprise, un usage très modéré des boissons alcooliques ou une abstinence complète, une lutte continue et méthodique contre les agents propagateurs du paludisme, le croisement avec les étrangers ajouteront à l'immunité relative dont jouissent déjà nos nationaux et favoriseront son implantation définitive sur le sol africain.
Il est un autre ordre de faits dont on ne se préoccupe pas assez quand il s'agit d'acclimatement. On ne parle que des transformations que doit subir l'organisme humain pour s'adapter au milieu physique nouveau dans lequel il est appelé à vivre, et c'est là assurément le facteur essentiel, la nature de l'homme étant assez souple pour se prêter à ces nécessités physiques. Mais n'y a-t-il pas aussi une autre adaptation, celle de la terre et du climat à l'homme ? Cette adaptation est bien moins sensible et bien plus longue ; mais est-elle contestable ? L'homme, ou plutôt l'Européen, a fait subir à cette terre des transformations profondes, partout où il s'est établi. Il l'a assainie par ses cultures, par des drainages, par les dessèchements des marais. Et cette extension des cultures aurait eu pour conséquence, d'après quelques auteurs, un changement appréciable du climat. Toute exagération mise à part, et nous croyons qu'il est excessif de parler d'une modification sensible dans le climat, il serait déraisonnable de nier cette adaptation du sol africain aux colons européens.