‹ Le peuple algérienChapitre 88 sur 104 · ANGLO- MALTAIS · texte numérisé non relu

ANGLO- MALTAIS

Ce sont les Italiens qui fournissent le plus fort contingent d'expulsés ; après eux se placent les Espagnols. Cette constatation vient donc corroborer nos conjectures sur la plus grande criminalité italienne. Il est juste toutefois de faire remarquer que le nombre des Italiens expulsés n'est aussi considérable que parce

qu'il comprend pour une grande part les individus condamnés dans la Régence de Tunis et qui ont purgé leur peine dans les prisons d'Alger. En dehors des Italiens, des Espagnols et des Maltais, les autres expulsés, appartenant à des nationalités européennes, proviennent de la légion étrangère ; ils ont commis dans le département d'Oran des infractions qui ont nécessité leur expulsion.

D'autres mesures furent mises en vigueur. On décida en 1893 d'obliger tous les étrangers à faire une déclaration de domicile, on exigea d'eux, à leur arrivée, certaines pièces constatant leur identité. Quelques personnalités politiques espagnoles (l)ont cru devoir, à l'occasion de cette mesure de sécurité publique, incriminer la politique française, suspecter ses sentiments, comme si l'Espagne elle-même clans ses presidios marocains ne soumettait pas les étrangers à la même formalité, et à des enquêtes beaucoup plus vexatoires, comme si cette nécessité d'une sorte de passeport avait empêché en ces derniers temps les immigrants espagnols d'accourir vers les plages hospitalières de la colonie française.

Les crimes et les délits ont-ils diminué depuis cette époque ?

(1) C'est M. Villanueva, ancien ministre espagnol, qui. au retour d'un voyage en Oranie, lança ces accusations ; elles eurent un assez grand retentissement à cause de la situation officielle qu'occupait ce personnage. Nous les avons réfutées dans un article du Bulletin de l'Afrique Française, intitulé La situation des Etrangers en Algérie et paru en Octobre 1905. Nous renvoyons pour plus amples informations à cet article, nous contentant 'de faire remarquer que les étrangers, qui habitent depuis longtemps l'Algérie et y ont tous leurs intérêts, sont les premiers à réclamer du Gouvernement Général une surveillance plus effective de ceux de leurs compatriotes qui débarquent.

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