L AGITATION OUVRIÈRE ET SES VISÉES
vernement dans l'avenir. Au Reichstag, les différentes fractions parlementaires se montrent favorables à la présentation d'un projet pour l'institution d'un bureau destiné à recevoir les offres et les demandes de travail dans les syndicats. A la chancellerie de l'empire, on prépare actuellement un projet d'assurance pour garantir des pensions aux invalides, aux veuves et aux orphelins des ouvriers. Nul n'est en état de prévoir, avant l'expérience, dans quelle mesure ce dernier projet sera réalisable. Ce que nous savons, c'est que le prince de Bismarck va de l'avant dans cette voie avec toute son énergie. L'ancien droit prussien proclame le principe du droit au travail, l'obligation pour l'État de procurer à ses citoyens les moyens d'assurer leur existence. Ce principe une fois reconnu implique comme conséquence une intervention active de l'État, une intervention contraire à la pure doctrine libérale du laisser faire. Laisser faire, laisser passer! séduisante maxime, mais aussi formule vide et creuse, en fait sans usage pour les hommes d'État aux prises avec les nécessités de la politique, et que répudient tôt ou tard, par leurs actes, ceux-là mêmes qui l'ont honorée comme théorie académique et sur les hauteurs sereines de l'idéal.