‹ Le peuple allemand: ses forces et ses ressourcesChapitre 36 sur 48 · RECRUES DU CONTINGENT DE · texte numérisé non relu

RECRUES DU CONTINGENT DE

Au-dessus

Agés Agés Agés de

Corps. de 20 ans. de 21 ans. de 22 ans 22 ans.

Garde impériale 5.182 2.134 1.064 26

Infanterie de ligne 31.412 19.565 19.461 914

Chasseurs à pied 1 .346 647 337 12

Cuirassiers.. 1.052 601 440 20

Uhlans 1.567 1.005 1.152 44

Dragons, hussards 3.116 1.942 2.417 68

Artillerie 5.142 3.038 2.208 99

Génie 1.138 673 563 31

Train des équipages.... 984 800 1.670 85 Instituteurs élémentaires 397 323 415 96

Le contingent des recrues incorporées en 1874 dans les quinze premiers corps d'armée, les Bavarois non compris, s'élevait à 143204 hommes pour les différentes armes ci-dessus, plus 34 infirmiers et 3 772 ouvriers d'administration, tailleurs, cordonniers et selliers, soit 117 010 hommes en tout pour l'armée de terre et 2 317 hommes pour la marine, dont les troupes ne comptent pas dans l'effectif de présence septennaire. Telles qu'elles sont constituées, les unités tac-

tiques de l'armée allemande exigent annuellement pour le recrutement normal 190 hommes par bataillon d'infanterie, 36 hommes par escadron de cavalerie, 30 hommes par batterie de campagne, 165 hommes par section d'artillerie à pied, 160 hommes par bataillon du génie ou des chemins de fer, 175 hommeç par bataillon du train. A chaque renouvellement du septennat, l'augmentation de l'effectif total entraîne la création d'unités nouvelles, la formation de nouveaux cadres.

En résumé, les opérations du recrutement, sur la base de l'obligation universelle, telles que nous les voyons appliquer, ont amené sous les drapeaux de l'armée allemande un contingent de 157027 hommes une année dans l'autre pendant la dernière période décennale. Avec ce contingent, il faut compter un excédent annuel disponible de 17 825 hommes, en sus de la réserve de remplacement de première classe portée à 84238 hommes annuellement. Gela fait un total de 259 090 hommes entrés au service ou désignés pour le remplir, représentant 47,7 p. 100 du contingent moyen des conscrits arrivés à vingt ans et portés sur les rôles pendant les années 1876 à 1885. La seconde classe de la réserve de remplacement, qui s'élevait pendant cette même période à 10,9 p. 100 du contingent de la conscription, à raison d'un total de 59105 hommes, suffira pour fournir le nombre de recrues et de réservistes nécessaire pour l'augmentation de 41 135 soldats dans l'effectif de présence sur le pied de paix, à partir du 1 er avril 1887. Quoique la durée légale du service soit fixée à trois ans, la présence réelle sous les drapeaux ne dépasse pas, dans

l'infanterie, une moyenne de deux ans et cinq mois. Rappelons aussi que l'accroissement de l'émigration enlève de son côté un nombre de conscrits de plus en plus considérable. Pendant les dix dernières années, les relevés des commissions de recrutement accusent annuellement une moyenne de 106 590 conscrits manquant à l'appel sans autorisation et de 36 656 sujets introuvables, tandis que le nombre des condamnations pour émigration non autorisée s'est élevé de 11 446 en 1880 à 18 888 en 1886.

En ce qui concerne la landwehr, partagée maintenant en deux bans, la durée du service dans le premier ban est aujourd'hui de cinq; ans et finit avec l'âge de trente-neuf ans révolus dans le second ban. Tous les hommes sortis de la réserve de l'armée active passent dans le premier ban de la landwehr. Sont classés dans le second banc de la landwehr les hommes sortis du premier ban ou de la réserve de remplacement. Les hommes du second ban de la landwehr ne peuvent être convoqués pour des exercices ni pour des réunions de contrôle en temps de paix. Au moment de la mise en vigueur de la loi du 11 février 1888, l'effectif de la landwehr du premier ban, formé par les hommes sortis de la réserve, peut être évalué à 600 000 hommes au moins, contre environ 1 000 000 d'hommes pour le second ban. Jusqu'alors le budget militaire portait 277 commandements de districts, Landwehrbezirks Commandos, dont les chefs s'occupent particulièrement des sujets du Beurlaribtenstand, c'est-à-dire de l'effectif des hommes en congé, soit qu'ils appartiennent à la réserve de l'armée active ou de la réserve de rem-

placement, soit qu'ils se trouvent inscrits dans l'un ou l'autre ban de la landwehr. En cas de mobilisation, le commandant de district de la landwehr est chargé de rassembler les réservistes et les hommes de l'armée territoriale pour les diriger sur leurs corps respectifs. Pour faciliter la tâche de ces officiers supérieurs, l'autorité militaire a partagé les districts de landwehr en circonscriptions de compagnies, délimitées de manière à correspondre aux subdivisions administratives inférieures. Ces circonscriptions de compagnies étaient au nombre de 1140 au mois de janvier 1888, placées chacune sous la surveillance d'un sous -officier; appelé Bezirksfeldwébel, intermédiaire immédiat de l'autorité militaire avec la population.

L'exposé des motifs de la loi du 11 février 1888 touchant le service dans la réserve et dans la landwehr, affirme l'obligation de rendre disponibles pour la défense du territoire national tous les sujets allemands capables de porter les armes. On y voit imprimé l'avis que cette obligation ne paraîtra pas trop lourde à aucun des intéressés, en tant qu'il s'agit de défendre l'indépendance de la nation. Aussi bien, les hommes du landsturm ou de la levée en masse qui comprend tous les sujets valides de dixsept à quarante ans, non encore incorporés dans l'armée de terre ou dans la marine impériale, peuvent être appelés à renforcer les corps de la seewehr et de la landwehr. Avant l'application de la loi nouvelle, dont l'effet a été d'augmenter beaucoup les effectifs de la landwehr, on comptait dans toute l'étendue de l'empire, pour la formation des cadres de

l'armée territoriale, 259 circonscriptions de bataillon ordinaires, 4 circonscriptions de régiment à 2 bataillons, 43 circonscriptions de bataillons de réserve, soit en tout 280 districts de bataillon. Il y avait alors, par circonscription de recrutement, pour l'armée de ligne, 4 districts de landwehr, avec autant de bataillons, groupés deux par deux, qui formaient nominalement des régiments de landwehr correspondant à ceux de l'armée active. L'augmentation numérique des hommes inscrits dans la landwehr nécessitera la formation de nouveaux régiments, avec un plus grand nombre de bataillons. Pour l'équipement et l'armement de ces effectifs de la landwehr, le Reichstag a autorisé en 1888 l'émission d'un emprunt de 280 millions de marks.

Quant au landsturm, convoqué par décret impérial, et, en cas de besoin pressant, par les généraux commandants des corps d'armée ou les gouverneurs des forteresses, il ne donne pas lieu à des formations déterminées en temps de paix. Ses effectifs se partagent en deux bans, comprenant : le premier, les hommes âgés au-dessous de trente-neuf ans; le second, lès hommes entre trente -neuf et quarantecinq ans. Les sujets appelés sont soumis aux obligations propres à la landwehr ou à la seewehr, suivant qu'ils serviront dans la marine ou dans l'armée territoriale. Toutes les dispositions des lois militaires et le code pénal militaire leur sont applicables en cas d'indiscipline. L'appel au service doit se faire par ordre de classes annuelles et contribue à renforcer les Cadres de l'armée territoriale et de la flotte.

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