EXCÉDENT DES NAISSANCES SUR LES DÉCÈS
Années. En France. En Allemagne.
Gomme commentaire de ces chiffres, nous remarquerons que, si la natalité est beaucoup plus forte chez la nation allemande, la mortalité oscille pour elle entre 27 et 30 pour 100 contre 23 à 24 chez la nation française pendant les dix dernières années. Dans les pays slaves, le nombre des décès annuels par 1 000 habitants monte à 32 et 42 en Russie, en Hongrie et en Serbie, pour descendre dans les États Scandinaves entre 19 et 17. Le nombre des mariages dif-
fère moins entre la France et l'Allemagne : il est chez les deux peuples de 8 environ par an sur 1000 habitants, un peu plus, un peu moins, suivant que les récoltes sont abondantes ou faibles. Sur 100 femmes nubiles en Allemagne, 52 seulement sont mariées, 3 divorcées ou veuves, 45 filles. Au nombre de 10 350 140 dans tout l'empire, les femmes nées entre les années 1823 à 1863, par conséquent âgées de 17 à 50 ans, représentent 21 pour 100 de la populatiou totale : on compte dans le pays 4 072 536 filles de cet âge à marier. L'un dans l'autre, chaque mariage en Allemagne donne 5 enfants, comme en Angleterre, contre 3 seulement en France. Chaque année, on compte en Allemagne 1 naissance sur 25 habitants ; en France, 1 sur 37. Année moyenne, de 1871 à 1880, le nombre total des naissances en France a été de 937 243, en Allemagne de 1 771 334 ou bien près du double. Une décroissance graduelle se manifeste dans la natalité en France, dont la proportion annuelle par 1000 habitants est descendue de 32 pendant la décade de 1801 à 1810, à 26 pendant la décade de 1872 à 1880. Chaque ménage français est une famille peu nombreuse; chaque ménage allemand est une famille nombreuse. C'est un fait confirmé par l'observation des mœurs : c'est le grand péril national.