PRÉFACE
Les nations (T Occident, poussées par un irrésistible besoin (Texpansion, ont forcé les portes de la Chine, et, celle-ci^ sans puissance militaire pour résister, a dû subir leur contact et leur pénétration.
C'est là V histoire de la dernière moitié, et sur^ tout de la fin du siècle qui vient de finir.
Mais y on n'arrache pas en vain à un long sommeil un grand empire de plus de quatre cent mil» lions d'hommes ; aussi, avant même que la société chinoise ne se soit laissé entraîner dans le grand courant qui emporte les peuples vers une intensité de vie toujours croissante, on constate déjà que la Chine est désormais devenue un facteur considérable dans Fhistoire de Phumanité,
Au contact des nations occidentales, elle ne peut manquer de se transformer comme tout ce qui subit Vinfluence d'un milieu nouveau.
Dans quel seîis s'accomplira cette transformalion dont les commencements s'ébauchent déjà ?
Le peuple chinois se conlenlera-l-il de prendre
vin PREFACE
nos méthodes scientifiques et militaires^ de per^ fectionner son industrie^ de créer des armées nombreuses^ sans pour cela rejeter les vieux principes sur lesquels repose^ depuis plus de quarante siècles^ sa civilisation ; ou bien^ se laissera-t-il complèteme?it pénétrer par rinfluence morale de la civilisation occidentale dont la 7iaissance et les progrès efi Europe ont si profondément modifié le caractère des hommes ?
Depuis la décadence et la chute de F Empire romain^ aucune question plus grave ne s'est imposée aux pj'éoccupations de ceux qui s'intéressent aux grands faits de P histoire.
Dans l'avenir seulement on pourra y répondre^ car la Chine est encore aujourd'hui^ dans l'état moral et social où elle a vécu de si lotigs siècles^ et elle commence à peine, contrainte et forcée^ a se mettre en mouvement^
Pour avoir quelques lumières sur les deux directions quelle est susceptible de prendre^ il faut la coîinaltre telle qti'elle a été et telle quelle est encore aujourd hui ; il faut pouvoir lire dans les pensées profondes de son peuple et demander à son âme le secret de ses inconscieîites aspirations.
Sans doute, on a déjà écrit de nombreux livres sur la Chine ; on a fait^ de son climat, de so7i soi, de ses habitants, maintes descriptions pittoresques ; on s'est attaché à peiiulre le peuple chinois par les côtés extérieurs.
Dans le présent ouvrage, nous nous sommes