‹ Le peuple chinois: ses mœurs & ses institutionsChapitre 15 sur 25 · L EMPIRE. LE CULTE IMPERIAL · texte numérisé non relu

L EMPIRE. LE CULTE IMPERIAL

C'est en Tan 230 avant notre ère que la constitution politique de la Chine parvint à la centralisation, telle que nous la voyons aujourd'hui.

Alors un prince célèbre dans Thistoire et aussi détesté pour sa cruauté, réussit à vaincre toutes les résistances des chefs de royaumes et à rassembler tous les descendants des Cent Familles sous un seul gouvernement. C'était le chef de TEtat de Tsin.

Ce n'était là qu'un retour, dans l'ordre politique seulement, à la constitution primitive. L'histoire chinoise montre, en effet, dès ses premières pages, un prince dominant toute la nation.; elle donne aux pe rsonnes investies de cette dignité le nom de Ti : empereur, elle les vénère comme des saints.

Cet empereur était un chef qui conduisait les tribus, dans sa marche vers l'Est, à travers le continent asiatique. On le vo^t présider à la cons-

titutîon et au déplacement des villes, transférer les peuples d'un lieu à un autre, comme pourrait le faire aujourd'hui encore le père, souverain de sa famille, si la vie agricole n'avait, depuis de longs siècles, succédé à la vie pastorale.

Ce prince n'était point, dans la rigueur du terme, un patriarche, car il ne tenait pas son pouvoir de la seule filiation par le sang. Il était avant tout un pontife élu par les grands ou choisi par son prédécesseur et qui recevait du Ciel même son investiture.

Dans son premier chapitre, le Chou-king nous raconte le choix que fit l'empereur Yao de son successeur. C'était vers l'an 2200 avant notre ère. Yao assembla les grands du royaume et leur demanda de lui indiquer celui d'entre eux qu'ils supposaient capable de prendre la suite de ses soixante-dix années de règne. Tous dirent qu'ils ne se sentaient pas les talents nécessaires pour assumer une pareille tâche; mais ils désignèrent un homme d'origine modeste, plein de vertus et de piété filiale : Yu-Chœnn. Yao en fit son premier ministre et lui donna ses deux filles comme épouses (1).

Chœnn, ministre, fit preuve des mêmes vertus qu'il avait montrées dans son humble condition, il gouverna bien le royaume.

Malgré les résistances que l'humilité de Chœnn opposait à son maître, celui-ci, au bout de trois ans, l'installa comme héritier du trône. Aussitôt, dit le vieux livre (2), le futur empereur accomplit

(1) Chou-king, !•' chapitre, in fine, (3) Ghon-kiog. Ghap. II,

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