XLII PREFACE
plète de l'univers. Et il ne suffira pas pour cela de remanier la carte du globe, de substituer les frontières du droit aux frontières de la force. C'est avant tout l'homme intérieur qu'il faudra transformer. Il faudra créer un nouveau type humain aussi différent du prétendu civilisé que nous connaissons que celui-ci peut l'être du sauvage ou de l'homme des cavernes. Il faudra que toute idée de guerre, d'ambition territoriale, de violence faite à la liberté des peuples, s'évanouisse de nos esprits. Bref, il faudra que l'homme soit.
Œuvre gigantesque, œuvre de longue haleine peut-être, mais utopie, non pas. Et de cette œuvre, l'Amérique, par l'organe de son Président, a eu la claire vision en même temps qu'elle a affirmé son inflexible résolution de l'accomplir. Le programme qu'elle nous apporte est un programme de pacification définitive et de fraternisation universelle. Et, en nous répétant ce que, depuis sa naissance, elle n'a cessé de nous dire : l'Amérique aux Américains, l'Europe aux Européens, elle ajoute : V humanité à l'homme.
Et qui, plus qu'elle, avait qualité pour le dire? Toute son histoire, sa courte histoire, n'est-elle pas un effort pour affranchir d'abord, pour développer ensuite la personnalité humaine ? N'a-t-elle pas tout subordonné à cette fin ? Où