‹ Le peuple de Rome vers 1840Chapitre 40 sur 80 · le frappe · texte numérisé non relu

le frappe

:> Pour dresser cette liste, je n'ai tenu compte que des papes nommés dans Le texte de Belli, et ai naturellement omis ceux qui ne figurent que dans les notes de m. Morand i, — Je crois que, ici encore, comme en toutes choses, Belli s'est conformé a la réalité; les papes qu'il cite, il les i entendu nommer par le peuple; cependant, par la force des choses, cette liste ne peut avoir qu'une valeur relative.

'il, 139.

De là Lee noms Sancta Maria ad Nives et BastUca Liberiana qui furent remplacés ensuite par : Sainte Marie-Majeure.

qui dompta un dragon ' : mais le plus fameux esl saint Grégoire-le-Grand à qui une colombe révélait tous les mystères :

C'è stato un certo papa sari Grigorio, Ghe ssapeva parla rrosso e tturchino, Ghe cconosceva ogni sorte de vino, E cquant' anime stanno in purgatorio.

Distingueva chi aveva er zostenzorio -,

L'ova cor pelo e 11' ova cor purcino : Gapiva er tempo, e tte spiegava inzino L'indovinelli de Monte-scitorio 3.

Profetizzava er don de le petecchie * :

Sapeva indovinà le confessione,

E scopri ir anni de le donne vecchie.

E sti bbelli segreti, in concrusione, Je l'annava a ssoffià ttutti a Porecchie, Azzeccatesce chi?... bbravi! un piccione s.

J'ai déjà parlé de la légendaire papesse Jeanne qui devrait avoir régné de 855 à 857 7. — Le souvenir de Sixte IV

1 I, 88. M. Morand i fait observer avec raison que ce miracle est attribué par les autears non pas à Léon, mais à saint Sylvestre. S'agit-il ici d'une confusion de Belli ou d'une erreur du popolino? Le second cas s'expliquerait aisément par un phénomème d'attraction, tel qu'il a lieu si souvent dans les chansons de gestes, oîi les exploits finissent par se concentrer sur quelques héros principaux.

2 Suspensoir.

3 C'est à Montecitorio que siégeaient les tribunaux.

4 Le pourpre, les pétéchies (taches rougeâtres qui se montrent sur la peau dans le cours de certaines maladies).

5 Sur les tableaux, saint Grégoire est représenté avec un pigeon qui lui parle à l'oreille.

6 Cf. IV, 223. — « Leone Maggno » et « Grigorio Maggno » de même que « Carlo Maggno » et « Lesandro Maggno », tous ces « Maggni » suggèrent à un Romain la réflexion suivante :

Li sovraninun zo' ttutti compaggni?

Saranno o un po' ppiù bbelli oun po' ppitt bbrutti : Ponn' èsse o mmeno bboni o ppiù ccattivi ; Ma articolo maggnà mmaggneno tutti.

(Délia Rovere ; 1471-1484) subsiste grâce au Ponte- Sisto1, et c'est à un édifice aussi, à la villa di Papa Giulio, que Jules II (Délia Rovere; 1503-1513) doit d'être encore nommé par le peuple de Rome î 2 tandis que Paul III Farnèse (1534-1549) est célèbre par le scandale d'une statue de son mausolée à Saint-Pierre3.

Sixte V (Peretti ; 1585-1590) par contre doit sa popularité non pas au hasard matériel d'une statue ou d'une villa, mais à l'œuvre entière de son pontificat : administration économe et probe4, justice si rigide qu'elle est passée en proverbe5; (( Papa Sisto » tout court désigne toujours Sixte Vet nul autre.

Benoît XIV (1740-1 758), de son nomProspero Lambertini, a fait frapper une monnaie d'argent qui avait cours encore en 1830, d'une valeur de deux paolis (c'est à-dire quasi un franc), et que le popolino appelait un « lambertini » ou un (( prospère* », ou un « prospero lambertini », ou encore un « papetto » 6.

Clément XIV (Ganganelli; 1769-1774) est pour ainsi dire oublié 7 ; mais avec Pie V[ (Braschi ; 1775-1799) nous arrivons à l'histoire contemporaine et vivante : c'est d'abord la visite de Pie VI à Joseph II8; le pape voulait déconseiller à l'empereur ses réformes libérales; il fut mal reçu et

Ritornô cco' la coda tra le gamine.

A la suite du meurtre de Bas ville et du général Duphot, la France occupa Rome et transporta le pape à Sienne.

La setta de francesi ggiacubbini, Pijjànnose ste morte pe' un* offesa,

i i, 72; vi, 283.

■ vi, 226i C*esl La statue couchée <i«- La Justice, par Guglielmo délia Porta, 'iu<' Bernini habilla d'une chemise de m£tal.

"l il, u.

■ il, 320; m. 866.

r> II, 801.

Spidi a Rroma una truppa d'assassini A llegà Bbraschi er çapo de la < Ichies a.

Le népotisme de Pie VI es! connu; nous lui sommes redevables du palais Braschi, construit à grands Irais par un neveu du pape, vers la un du siècle1.

Pie VII (Gbiaramonti ; 1800-4823) est sorti du couvent des Bénédictins de Saint-Calixte2 ; ou lui doit d'avoir déterré la partie inférieure de l'arc de Septime Sévère 3, mais ce n'est là qu'un petit fait de son règne si agité; le peuple a gardé une vive mémoire de ses démêlés avec Napoléon : la fameuse (( scalata » 4, puis la captivité à Fontainebleau 5, la scène du couronnement6, toutes choses que les « papalini» racontent avec une profonde indignation, tandis que d'autres se souviennent plutôt de la réaction : rétablissement des Jésuites7 et des couvents 8. Du reste, il l'avait promis :

Ner momento d'annà in deportazzione, Gosa disse a li preti a lo sportello ?

« lo parto aggnello e ttornero Ueone. » Defatti accusi ffu. Cquer bon aggnello

Parti ggranello e rritorno ce

Léon XII (délia Genga; 1823-1829) a eu le sort de tant d'autres papes ; de son vivant, il n'eut autour de lui que des flatteurs : « tout ce qu'il faisait était beau; tout ce qu'il disait « était savant ; ses ennemis n'étaient que des canailles, des (( jacobins, des voleurs. Mais à peine fut-il crevé, tout d'un

1 IV, 370. — Mention de Pie VI : II, 79, 92, 161.

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