UNITÉ PERSISTANTE DE LA RACE
«ompétition d'autorité et d'une divergence d'intérêts, plutôt que d'une différence de race, (jue naissent les divisions «t défiances entre Valaisans orientanx et occidentaux. La langue n'est en tout ceci qu'un prétexte très apparent, mais d'autant plus négligeable que la plus grande partie du Haut- Valais était, dans la première moitié du moyen-âge, de langue romane. • A une époque qu'il est difficile de préciser, dit M. V, van Berchem appuyé sui' d'autres savants, des émigrants de race allémanique avaient franchi la Purka ou les passages de l'Oberland bernois et s'étaient établis dans le Haut- Valais. A la longue, la population primitive de ces vallées, probablement assez clairsemée alors, avait été absorbée par ces nouveaux venus, si bien qu'au XII' siècle toute la partie supérieure de la vallée du Rhône et les vallons latéraux qui en dépendent étaient entièrement germanisés. Au XUl' et XIV* siècles, la limite des deux langues passait au-dessus de Loèche, où l'on parlait encore le roman. Pendant la plus grande partie de cette période, l'élément romand l'emporte par la supériorité du nombre et par la force que lui donne une situation acquise. Il domine dans l'Eglise et dans le gouvernement èpiscopal. TjCs événements de la seconde moitié du XIV' siècles prépareront la suprématie des communes allemandes ».
Le XV' siècle fera le reste, grâce à l'évêque Supersaxo qui, parvenu à expulser définitivement la Maison de Savoie de la vallée du Rhône, entendra la germanisation selon la manière allemande, en précurseur de Bismarck et des Hohenzollern',
Toutefois, la fin du XVIII" siècle marquera le retour du français et l'impulsion sera telle qu'en 1900 on comptera 83.000 Valaisans romands contre 30.000 germains.
' Il Originaire du dixain de Couches, W'alter Siipcrsaxo était né allemand ; il affectait m^me de ne point faii-c usage de la langue française ou romande (|ui dominait alors ft Sion. » — F. dk
GlNGlNS.
m LE PEUPLE DU VALAIS
[j'influence prépondérante de telle ou telle langue dans cetteétroite et longue vallée est par conséquent subordonnée à un mouvement de flux et de reflux déterminé par des causes trèsdifférentes dont la plus normale est assurément la dernière» puisqu'elle est le jeu d'un phénomène libre et naturel.
C'est une erreur bien plus manifeste encore de prétendre mettre en opposition un » Valais épiseopal « et un « Valais savoyard ». L'application de ce premier terme à la partie orientale du pays est aussi impropre que celle du second à la partie occidentale, » Ëpiseopal T » Veut-on désigner par Ift la seigneurie de Mœrell prCs des sources du Rhône, que tes princes de Savoie détiennent en arrière-llef pendant que celle de Martigny, qui couvre une notable partie du Valais dit Savoyard, ne ee'ise d'être une terre épisoopale'î Au sui-plus, où fut le berceau de l'évéché î... Quelles en furent et en sont encore les limites î La conclusion à opposer aux partisans de cette classification est que, tour à tour, l'ensemble du pays a passé sous l'une et l'autre domination et que ce mot de « savoyard » n'a été inventé qu'à titre de préteste enfantin pour justifier ou tenter d'excuser le tort qu'eut le Haut- Valais d'opprimer des compatriotes moins bien barricadés que lui contre les ta)upes des comtes. I! ne serait pas moins puéril de vouloir découper le patron de deux races au gré de divisions féodales, disloquées à l'infini et remaniées sans interruption.
En sorte que nous croyons avoir démontré — et d'ailleurs l'ardeur mise par les dixains à vouloir sans cesse ressaisir l'extrémité occidentale du pays l'aurait démontré sans nous — que l'unité de la race a de tout temps persisté, parce que la
' Dans tout le Valais et surtout dans le Bas-Valais, les droits de l'église de Sion se heurtent aux droits des comtes de Savoie. Souvent les uns et les autres sont mal définis ou si intimement mêlés qu'il est presque impossible de les rfislingner. — Van Bbrchbm.