VIVE LA RÉPUBLIQUE
Note de la page 59.
Pendant la famine de l'année 1694, les pauvres de la Ville (Nancy), « aussitôt qu'il y avoit un cheval mort de maladie, plein de larcin, qui règnoit pour lors, à cause que les fourrages n'avoient rien valu, suivoient l'écorcheur et arrachoient en foulle un morceau de cette chair empestée qu'ils rapportoient et mangeoient comme viande exquise, ce qui obligea d'ordonner aux écorcheurs de conduire les chevaux dans des lieux marécageux et d'enterrer les charognes fort avant en terre pour que l'on n'en pût prendi e, et, en outre, l'on défendit aux portes de laisser entrer ceux qui en portoient. Cela n'empêcha pas qu'on déterrât les chevaux, tant la faim étoit cruelle et déplorable... La plupart des habitants nevivoient plus que d'herbe, qu'ils fai soient cuire en de grands chaudrons: puis, sur la fin, ils y mettoient un peu de lait et de pain d'avoine qui estait encore bien rare, ils se nouirissoient ainsi avec leurs enfants. D'autres mettoient un grand chaudron d'eau sur le feu, puis, lorsqu'il bouilloit, ils \ jetoient un peu de son, puis mangeoient cela comme des cochons... » (Lepage. Archives de Nancy, tome II, p. 22 à 24).
Lunéville. Imp. Nouv. — 468.
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