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pour protéger à la fois le territoire contre les invasions et la propriété privée contre les brigandages. La milice de Charles VII comprenait une cavalerie Noble, c'étaient les compagnies d'ordonnance, et une infanterie roturière, c'étaient les compagnies de francs-archers : institution qui ne faisait du reste que renouveler celle des troupes communales de Louis le Gros et donner plus d'extension à celle des compagnies d'arbalétriers de Philippe-Auguste. Il fut enjoint à chaque paroisse de cinquante feux de choisir un homme habile à tirer de l'arc, qu'elle armerait et équiperait à ses frais, et qui serait toujours prêt à marcher pour le service du Roi, moyennant une solde de quatre francs par mois *. De plus, il était exempt de toutes tailles et charges quelconques. C'est pourquoi l'on nomma ces hommes francs-archers, comme on avait dit francsbourgeois pour la même raison, lors de l'établissement des communes. Dans l'un comme dans l'autre fait se révèle l'alliance tacite de la Royauté avec les communes contre la Féodalité.
Cette création de Charles VII ne fut pas vue de bon œil par la Noblesse. Le roi s'arrogeant le pouvoir de disposer des petits vassaux des fiefs, sans recourir à l'intermédiaire des seigneurs, cela blessait leur droit. Puis leur orgueil se trouvait offensé en voyant la classe roturière admise de plus en plus au maniement des armes. Les souvenirs d'Azincourt, de Crevant, de Verneuil, leur faisaient entre-