‹ Le peuple et la bourgeoisieChapitre 100 sur 111 · Ordonnance du 20 janvier 1303. Ordonn.y t. I,fp · texte numérisé non relu

Ordonnance du 20 janvier 1303. Ordonn.y t. I,fp

quoi continuer à payer tous ces soldats, on les licenciait. Mais alors ils se répandaient par le pays, pillant le peuple des campagnes, qui les nommait routiers ou écorcheurs. Charles V, pour remédier à ces désordres, conçut ridée d'ufte armée permanente, projet qui ne devait être réalisé que par Charles VII ; mais ce fut Charles V qui, en 1372, sous l'inspiration de Du Guesclin, institua la maréchaussée, gardienne de la tranquillité publique. Par une autre Ordonnance, due sans doute à la même inspiration, il distingua de nouveau, et mieux qu'on ne Pavait fait jusqu'alors, le ban et l'arriére-ban ; l'armée ainsi se trouva composée de deux éléments : troupes royales permanentes, et milices temporaires.

Pour résumer ce qui précède :

1® Service féodal personnel, 2** Service féodal par argent, 3** Milices communales, 4** Troupes soldées temporaires, 5** Troupes soldées permanentes, telles sont les phases successives du développement de l'armée en France jusqu'à l'époque où nous sommes parvenus.

On voit comment le système féodal avait fait place peu à peu à un autre, composé d'éléments divers, assez désordonnés encore, mais qu'il ne faut pas cependant mépriser, eu égard aux temps et aux résultats. En réalité, les Anglais ont été chassés par les bandes, les compagnies

l'armée 297

franches^ qui prirent la place des armées féodales dont l'impuissance s'était montrée à Poitiers et à Azincourt. Ces bandes, dans lesquelles entraient beaucoup d'étrangers et qui furent le noyau des armées permanentes, étaient commandées par des gentilshommes, ou par des gens comme les francs-archeis choisis dans le peuple par les officiers du Roi *. Le peuple y entrait, conséquemment, pour une bien plus grande part que dans les armées féodales, qui avaient aussi une portion de milice soldée et où se trouvaient bien des gens des communes, quand on levait, comme l'avaient fait Philippe le Bel, Charles le Bel et Philippe de Valois, le ban et Tarrière-ban. C'est seulement à partir du roi Jean que, la levée du ban et de l'arrière-ban se convertissant décidément en une levée d'impôts, ces appels généraux tombèrent en désuétude. Le ban et arrière-ban ne s'appliqua plus alors qu'aux possesseurs de fiefs 2.

Un des plus grands organisateurs de l'armée fut le roi Charles VIL Après que son royaume eut été sauvé par Jeanne d'Arc, il voulut le mettre dorénavant à l'abri d'un péril extrême : il reprit et continua l'idée de Charles V. La première Ordonnance pour constituer une armée permanente parait en 1445 : il y est dit qu'on lèvera une taille spéciale dont le produit sera aflecté à la solde d'un certain nombre de gens de guerre placés sous les ordres du Roi,

1. Voir Boutaric, Institutions militaires de la France avant les années permanentes y pages 308 et suivantes.

Page 1