A. Charpentier, V Armée française
2. ïbid, — Un aiiteur'arabe, que Ton a traduit en latin, Abu-Abdalla- Ebna-Alkhatif, dans son Histoire d'Espagne, dit, sous la date de notro année 1312, en parlant du roi de Grenade : « ///e, castra movens, multo milite urbem hostium Baza obsedit^ ubi machinam iiUzm màximam^ NAPRTA ET 6L0B0 iustructam, admoto igné, in mtmitam arcem cum strepitu explosit, » L'histoire du Languedoc présente, sous la date de 1345, une quittance donnée à la trésorerie de la Sénéchaussée de Toulouse en échange d'une fourniture de canons de fer, et de poudre pour le service des canons, La nouvelle invention était donc connue et en usage à l'époque de Charles VII ; mais les Français, par esprit chevaleresque, refusèrent pendant longtemps de se servir de ces armes nouvelles, qui tuaient de loin ; les Anglais n'avaient pas hésité à faire usage de l'artillerie dès la bataille de Crécy, en 1346 ; les Français ne s'y décidèrent qu'au xvi« siècle, et l'emploi des arquebuses ne commença à sp généraliser que sous François I*'.
leur de cet engin nouveau, n'est-ce pas elle qui monte à l'assaut des burgs, frayant les voies à la justice sur les ruines de la féodalité? Émouvantes antinomies : c'est dans le cloître pacifique qu'un moine a inventé cette force de guerre, et plus tard elle-même contribuera, par la perfection toujours croissante des engins meurtriers chez les peuples rivaux, à ramener entre eux la paix. La science crée d'abord de quoi détruire, et par là détruira un jour ce qui détruit.
Charles VII avait partagé les forces militaires nouvellement organisées en quatre districts ayant chacun un chef qui portait le titre de capitaine général. Ces quatre chefs étaient dirigés par un officier qui s'appelait premier capitaine général, lequel avait action immédiate, s'il le jugeait utile, sur toutes les troupes commandées par ses quatre subordonnés. Chaque capitaine général tenait au moins quatre mille hommes de troupes régulières, puisqu'il avait sous ses ordres huit capitaines subalternes qui commandaient chacun cinq cents hommes.
Un nombre inespéré de volontaires afflua dans les rangs de la nouvelle armée. A la fin du règne de Charles VII, l'effectif des forces de la France s'élevait à soixante-cinq mille hommes, dont dix-huit mille de cavalerie. Leur dépense annuelle coûtait à l'État quarante-quatre milHons de notre monnaie * .