‹ Le peupleChapitre 126 sur 188 · LB GÉNIE EST PAR EXCELLENCE LE SIMPLE, L*ENPANT. S(M · texte numérisé non relu

LB GÉNIE EST PAR EXCELLENCE LE SIMPLE, L*ENPANT. S(M

deviendra peut-être moins utile dans le progrès du genre humain; mais sa vie, qui parut de son. vivant le côté faible, où l'envie se dédommageait, restera le trésor du monde et l'étemelle fête du cœur.

Certes, le peuple a bien raison d'appelçr cet homme un simple. C'est le simple par excellence, l'enfant des enfants^ il est le peuple plus que n'est le peuple même.

Je m'explique. Le simple a des côtés inintelligents, des vues troubles et indécises, ou il flotte, cherche , suit plusieurs routes à la fois , et sort du caractère de simple. La simplicité du génie, qui est la vraie, n'a jamais rien de ces vues louches: elle s'applique aux objets, comme une lumière puissante qui n'a pas besoin de détour, parce qu'elle pénètre et traverse tout.

Le génie a le don d'enfance , comme ne l'a ja-mais l'enfant. Ce don, nous l'avons dit, c'est l'instinct vague, immense, que la réflexion précise et rétrécit bientôt, de sorte que l'enfant est de bonne heure questionneur , épilogueur et tout plein d'objections. Le génie garde l'instinct natif daiis sa grandeur, dans sa forte impulsion , avec une grâce de Dieu que malheureusement l'enfant perd, la jeune et vivace espérance^

soi ÎL EST PEUPLE

Le peuple, en S|a plus haute iclée^sé trouvé diffîcilement danè le peuple. Que je Tobserye ici ou là, ce n'est pas lui, c'eât telle classe, telle forme partielle dti peuple, altérée , et éphémère. H n^esî; (tans sa vérité, à sa plus haute puissance, que dans Thomme dé génie ; en Itil féîsidë là grande âmè. . . Tout le monde li^étonué de voii* les masseâ inertes, vibrer au moindre mot qu'il dit, les bruits de TÔcéan se taire devant cette voix , la vague populaire, traîner à ses pieds... Pourquoi donc s*^efi étôniier? Cette voix, c'est celle du peuple; muet en lui-même, il parle en cet homme, et Dieu avec lui. C'est là vrainient qti^ôn peut dire : < Voi populi , vox Dei. >

Est-ce un Dieu , ou est-ce un homme? Faùt-îl, pour l'instinct du génie, que nous cherchions des noms mystiques , inspiration? révélation? — C'est la tendance du vulgaire; il lui faut se forger des dieux. — «L'instinct? la nature? Fi! disentils. Si ce n'était' que Finstinct, nous ne serions pas entraînés... CW l'inspiration d'en haut, c'est le bien-aimê de Dieu, c'est un Dieu, un nouveau messie! > — Plutôt que d'admirer un homme , d'admettre la supériorité de son semblable, on le fera inspiré de Dieu, Dieu s'il le faut; chacun se dit qu'il n*a pas fallu moins qu'un

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rayon surnaturel pour Téblouir à ce point. • . Ainsi, Ton met hors de la nature , hors de l'observation et de la science , celui qui fut la vraie nature, celui que la science , entre tous , devait observer ; on exclut de l'humanité celui qui seul était homme. . . Cet homme par excellence , une imprudente adoration le rejette au ciel , Fisole de la terre des vivants, où il avait sa racine. . . £h ! laissez-le donc parmi novA^ «elui qui Mi la vie d'ici-bas. Qu'il reste homme, qu'il reste peuple. Ne le séparez pas des enfents, des pauvres et des siiiiples, où il a son cœur, pour l'exiler sur un autel. Qu'il soit enveloppé datiB cette foide dont il est l'esprit, qu'il plonge en pleine vie féconde, vive avec nous, souffre avec nous; il puisera dans la participation de nos souffrances et de nos faiblesses la force que Dieu y a caehée» Qt qui sera son génie même.

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